Archives Critiques

La Planète des Singes : Critique

"La Planète des Singes", réalisé par Franklin J Schaffner, en 1968, et tiré d'un roman de Pierre Boule, est devenu un classique de la science-fiction. Il révolutionna ce genre, tout en transposant des problèmes de la société contemporaine (l'intolérance et le racisme) dans le cadre d'une fiction. Dans l'air du temps depuis presque une décennie, avec tout d'abord James Cameron aux commandes, un remake de ce classique pouvait s'avérer être une tâche ardue. Lorsque la Fox annonce le projet avec Tim Burton en tête, les fans de l'original, et ceux du réalisateur, sont plus qu'impatients. Ils le deviennent d'avantage dès la diffusion des premières images d'un superbe générique. 

Malheureusement, cette « revisite », comme le qualifie Burton, déçoit. Pourquoi ? Et bien, n'allez pas voir "La Planète des Singes" pour découvrir le nouveau Tim Burton, car ce n'en est pas un ! En effet, ce film aurait pu être réalisé par un « faiseur » tels que Renny Harlin ou Jan De Bont. L'univers si noir qui caractérise Burton semble être complètement absent de ce long métrage. Malgré des costumes et des décors plus que soignés, et des singes qui sont décrits comme des guerriers, Burton semble s'emmêler dans un scénario classique et manquant de densité.

La première partie du film est satisfaisante et ne manque pas d'humour. Pourtant, un élément choque un peu : les humains asservis parlent tous, contrairement à l'œuvre originale signée Schaffner. La seconde partie est, quant à elle, longue et aboutit à une conclusion plus que douteuse, qui débouche sur une pirouette digne de "Retour vers le Futur".

Heureusement l'interprétation demeure de qualité. Ne parlons ici que des singes, car Mark Walhberg n'est pas au niveau d'intensité dramatique qu'il avait atteint dans "The Yards". Il semble imperméable aux émotions. Quant à l'autre interprétation « humaine » du film, Estella Warren, elle ferait passer notre Loana nationale pour une pensionnaire de la Comédie Française. Tim Roth est, lui, parfaitement convainquant dans le rôle du général. Il adopte une démarche simiesque idoine et, malgré le maquillage, arrive à faire ressortir toute la richesse de ses émotions. Il en est de même pour Helena Bonham Carter qui, après des années dans les rôles classiques, se lâche enfin. Comme la femelle chimpanzé dans "La Planète des Singes" version 1967, rôle interprété à l'époque par Kim Hunter, elle apporte une sensibilité féminine, à la limite de l'érotisme, dans le cadre de sa relation avec le cosmonaute Davidson.  

"La Planète des Singes" n'est pas un mauvais film. C'est plutôt un bon divertissement… Si vous n'avez jamais vu ou entendu parler de l'original. Tim Burton aurait-il vendu son âme au diable ? Apparemment non puisqu'il ne compte pas réaliser la suite, déjà prévue par les producteurs bienveillants de la Fox. Tant mieux pour les admirateurs de ce cinéaste talentueux…  

Auteur :Pierre Godon

Tous nos contenus sur "La Planète des singes" Toutes les critiques de "Pierre Godon"

ça peut vous interesser

Nomadland : L’art de sublimer la vieillesse

Rédaction

Le Secret de la Planète des Singes de Ted Post

Rédaction

Will Penny, le solitaire

Rédaction