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La Planète des Singes : La critique

Tim Burton, après avoir rongé son frein chez Disney, a pu laisser libre cours à son imagination débridée et à son talent débordant dans une série de films qui ont marqué ceux qui ont eu la curiosité de s'y plonger. Chaque fois, qu'il crée un univers à lui ("Beetlejuice", "L'étrange Noël de Mr Jack", "Mars Attacks !") où mette en images les histoires d'un autre ("Pee Wee's Big Adventure", "Batman," "Sleepy Hollow"), Burton a toujours marqué de sa patte si reconnaissable les mondes qu'il visite. En apprenant que c'est à lui qu'avait été confié le soin de mettre sur pellicule la nouvelle mouture de "La Planète des Singes", il y avait donc lieu de se réjouir autant que de se méfier de cet étrange pacte signé entre l'enfant terrible et les touts puissants studios (en l'occurrence la 20th Century Fox).

L'histoire est cette fois plus fidèle à celle écrite par le français Pierre Boulle (notamment sur la fin) que ne l'était le premier film de Franklin J. Schaeffner. On découvre donc le capitaine Leo Davidson, égaré sur une planète étrange qu'il ne connaît pas, au milieu de compagnons humains en proie à une tyrannie simienne plus qu'étrange. Promu messie à son grand dam, "l'homme des étoiles" se lance à la recherche d'un moyen de rentrer chez lui. Cependant, ce qu'il va découvrir risque de bousculer bien des choses sur cette mystérieuse planète des singes.

Il faut bien dire que passé un premier moment plutôt bien mené (certaines répliques valent leur pesants de cacahuètes...), Tim Burton semble affadir son propos, d'ordinaire plus approfondi, pour se couler dans le moule hollywoodien et signer un film, certes efficace, mais vide de tout ce qui faisait jusqu'alors la richesse de l'univers burtonien. Probablement soumis au bon vouloir du producteur Richard D. Zanuck pour ce qui est du scénario, le réalisateur n'a, pour autant, rien perdu de sa créativité visuelle. Il suffit d'observer la cité des singes, les ruines interdites, les gadgets ou les étranges épouvantails ainsi que les nombreux éclairages dont l'américain parsème son film pour se dire que Burton a tout de même su garder une belle part de liberté.

Côté effets spéciaux, pas de surprises non plus, le savoir-faire d'Industrial Light & Magic (la société fondée par George Lucas pour Stars Wars) fait merveille au point que l'on en vient à apprécier davantage les acteurs singes que leurs homologues humains.Tim Roth et Helena Bonham Carter s'avèrent formidables tous les deux face à un Mark Wahlberg qu'on a connu plus efficace, notamment récemment chez James Gray ("The Yards") ou David O'Russel ("Les Rois du Désert").

Le cinéaste en profite pour continuer à explorer son sujet de prédilection : l'autre et sa différence. Burton tisse des liens entre l'humain venu de loin et la chimpanzée progressiste, Ari. Des liens que la production réorientent vite au profit d'une top-model préhistorique visiblement présente au générique dans ce seul but...

Si "La Planète des Singes" ne possède d'évidence pas la force des précédentes oeuvres de Tim Burton, le film n'en reste pas moins intéressant et constitue à coup sûr l'une des plus intéressantes superproductions américaines de l'année. Reste à espérer que Burton l'échevelé bénéficie d'une latitude plus grande pour son prochain opus. 

Auteur :Guillaume Branquart

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