23 octobre 2019
Critiques

La Planète des Vampires : Culte !

MARIO BAVA, DE RETOUR EN SALLES !

Parmi les évènements cinématographiques de cet été, la reprise en salle de "La Planète des Vampires" de Mario Bava, sous les bons auspices de Nicolas Winding Refn, ne manquera pas de titiller le cinéphile averti.

Présenté cette année à Cannes, ce monument restauré de la science-fiction contemporaine s'offre une seconde jeunesse et prouve qu'il tient encore la dragée haute à nombre de ses successeurs.

Anticipant la formule gagnante du "Alien" de Ridley Scott (et d'un bon tiers de la production de genre des 50 années à venir), "La Planète des Vampires" raconte les dernières heures d'un équipage spatiale égaré sur une mystérieuse planète.

Si les seules traces de vie sont de gigantesques squelettes extraterrestres éparpillés dans l'épave d'un ancien vaisseau, il apparaît bientôt que l'entité à l'origine de la mort de ce précédent équipage est toujours là. Et nos protagonistes d'être éliminés un par un dans la grande tradition du huis-clos.

Le récit est simple et la narration de Mario Bava l'est tout autant. Cinéaste plus habitué au fantastique gothique ("Le Masque du Démon", "Le Corps et le Fouet", "Opération Peur"), pionnier du giallo ("La Fille qui en Savait Trop", "Six Femmes pour l'Assassin"), mais cependant touche à tout (du péplum avec "Hercule contre les Vampires" à la parodie d'espionnage avec "L'Espion qui venait du Surgelé"), Bava s'est taillé une réputation de visionnaire et d'esthète pour chacun des genres auquel il a collaboré.

"La Planète des Vampires" (son unique incursion dans le domaine de la S-F) n'échappe pas à la règle et ce n'est pas un hasard si Nicolas Winding Refn accompagne cette ressortie, le cinéaste danois affichant ostensiblement l'influence du maître italien dans son utilisation des couleurs.

La force et le caractère unique de "La Planète des Vampires" ne viennent pas seulement de l'aspect visionnaire de son scénario mais aussi et surtout de son esthétique si particulière. Qui a vu "The Neon Demon" reconnaîtra dans le film de Mario Bava une forme de modèle pour ce qui est de la lumière, de la couleur et de la construction des plans.

C'est ce génie créatif qui fait oublier les restrictions budgétaires auxquelles était soumis le film et que l'on ne devine cependant à aucun moment : il est difficile de croire Bava lorsqu'il affirmait que les extérieurs n'avait nécessité que deux rochers en plastique et des fumigènes, et pourtant...

Malgré un titre trompeur (nul vampire à l'horizon) qui pourrait le faire passer pour l'objet kitsch qu'il n'est pas, "La Planète des Vampires" s'avère être un spectacle d'une efficacité remarquable nanti d'une approche de son sujet étonnamment moderne et se prêtant encore à de multiples lectures.

Auteur :Gabriel Carton
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