29 novembre 2020
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La Proie : Epatant !

Puissance, rythme et lyrisme sont au programme, car Éric Valette signe un nouveau thriller d'action détonnant : "La Proie". Dans le genre film d'action à la sauce anglo-saxonne, il n'y a pas que le sympathique et talentueux Fred Cavayé ("Pour Elle", "A Bout Portant") qui sache y faire. Avec beaucoup de sincérité et de qualités, Eric Valette fait de même partie de cette génération de réalisateurs fougueux qui apprennent de leurs erreurs pour mieux en sortir. L'exemple Valette est ainsi parlant. D'abord récompensé à Gérardmer pour "Maléfique", il est appelé Outre-Atlantique pour réalisé le remake de "La Mort en ligne" de Takeshi Miike. Après "One Missed Call", il revient en France pour signer "Une Affaire d'État" alors que l'on fait encore appel à lui pour réaliser un DTV, "Hybrid". Ses passages à l'étranger ne sont visiblement et clairement pas ses meilleurs œuvres, et c'est bien sur le sol français, avec la liberté qu'on lui offre, qu'Éric Valette dirige ses meilleurs longs-métrages.

Avec "La Proie", il évolue dans le double registre du polar et du thriller. Avec un Albert Dupontel ultra physique, décidé à dominer son personnage à 110%, "La Proie" s'avère être un film bourré d'action, prenant à souhait, en plus d'être très bien verrouillé par le scénario de Luc Bossi et Laurent Turner, sans manichéisme ni facilité enfin. Les histoires s'imbriquent avec une facilité déconcertante, du réalisme et la violence d'une prison à plusieurs course-poursuites qui s'enchaînent.

Albert Dupontel incarne Franck Adrien un braqueur obligé de s'évader lorsqu'il comprend que son ex codétenu est prêt à lui coller ses crimes sur le dos en les maquillant, tout en mettant en danger son entourage. Après son évasion, il doit fuir une commissaire intelligente et dotée d'une abnégation sans faille (Alice Taglioni, plutôt convaincante dans un autre rôle que celle de potiche blonde et sexy), tout en recherchant Jean-Louis Maurel, grand sadique psychopathe et tueur en série (incarné par un excellent Stéphane Debac). Le trio est efficace, tourne bien, et l'opposition entre les deux hommes passent à l'excellence. A cela s'ajoute une musique qui renforce l'action du film, gardant toujours à l'esprit ce côté anglo-saxon, puisque le compositeur Norman Fisher-Jones est britannique. Avec du lyrisme et une noirceur évidente, la musique complète avantageusement une piste-son elle aussi parfaitement en adéquation avec l'identité du film.

Auteur :Christopher Ramoné
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