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La Rumeur court… : La critique

Dans "La rumeur court...", Sarah est de retour à Pasadena, banlieue particulièrement sympa de Los Angeles, pour assister au mariage de sa sœur. Ce pitch n'est que l'apéritif puisque pour poursuivre le menu, il faudra ajouter une demande en mariage qui n'a pas l'air d'emballer notre pauvre Sarah, un retour dans la famille qui ne fait que resurgir les douloureux (!) souvenir du passé et une révélation : sa grand-mère aurait eu une relation avec un type qui était le grand amour de sa mère, histoire qui aurait inspiré le scénariste du "Lauréat" de Mike Nichols, le film qui révéla Dustin Hoffman. Vous m'avez suivi ? Non, eh bien on s'en fiche car de toute façon, on ne peut pas dire que ce soit vraiment passionnant.  

En fait, cet argument, pour le moins saugrenu de cette famille inspiratrice du "Lauréat" aurait presque pu s'avérer être une bonne idée. Pourquoi ne serait-ce pas une bonne idée de faire un remake inversé du film de Mike Nichols, ce qu'est "La rumeur court..." sans l'avouer officiellement ? Tout simplement parce que Rob Reiner n'est Mike Nichols, parce que Kevin Costner en Anne Bancroft alias Mrs. Robinson, ça le fait moyen et que Jenifer Aniston en Dustin Hoffman, c'est pire que tout.

Lorsque le film de Nichols en 67 se voulait particulièrement incisif et transgressif des codes de bonne moralité, ici, le politiquement correct surgit de tous les coins du cadre. Il ne s'agit en effet certainement pas de choquer la pudibonderie américaine. Pourtant parfois, on peut avoir l'espoir que le film ose un peu. C'est le cas lorsque l'on apprend que Sarah a peut-être couché avec son véritable père, le beau Kevin. Oui, mais non, puisque rassurons-nous, le film nous explique juste après que ce n'est pas possible puisqu'il est stérile, de façon à ôter tout doute éventuel. A force de ne pas aller trop loin, on finit par n'aller nulle part.

L'intérêt de faire le remake d'un film tel que "Le Lauréat" n'est pas de simplement raconter la même histoire, même avec quelques innovations. Il faut réadapter la force du propos de l'époque à laquelle il est sorti à la société actuelle. C'est vrai que c'était quand même beaucoup demander à Rob Reiner. Vous aurez donc compris qu'il n'y a vraiment pas grand-chose à voir dans ce film pour le moins insipide. Insipide, c'est également le terme qui qualifierait le mieux le jeu de Jennifer Aniston. Malgré toute l'affection que l'on peut avoir pour elle dans la série "Friends", on peut se rendre compte qu'il existe un fossé entre télévision et cinéma qu'elle est loin d'avoir comblé.

Enfin, il ne s'agit pas de remettre en question la carrière de Shirley MacLaine qui a tout de même tourné avec Hitchcock, Minnelli, Billy Wilder ou Bob Fosse. Néanmoins, lorsqu'on voit qu'elle vient d'enchaîner "Ma Sorcière Bien Aimée", "In Her Shoes" et "La rumeur court...", on finit pas attendre qu'elle prenne sa retraite. Il ne suffit pas de lui mettre dans la bouche deux ou trois répliques, soit disant « shocking », pour donner l'impression de transgresser outrageusement le politiquement correct.

Lorsque nous, hommes primaires en manque de testostérones, nous précipitons pour voir "Fast and Furious", vous, mesdemoiselles, avez cette rumeur à aller voir. De là à dire que vous y gagnez au change, je ne me risquerais pas à l'affirmer. C'est tout aussi bête et sans surprise, sans une once d'originalité ou d'imagination.

"La rumeur court..." : un film formaté pour donner l'impression qu'on ne s'y ennuie pas. Ce n'est même pas le cas.

Auteur :Loïc GourletTous nos contenus sur "La Rumeur court..." Toutes les critiques de "Loïc Gourlet"

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