15 décembre 2019
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La Science des Rêves : Petit bijou

Michel Gondry, on commence à connaître. Certains se souviennent des clips qu'il a réalisés pour Björk, d'autres, plus nombreux sûrement, d'"Eternal Sunshine of the Spotless Mind", film au titre interminable et relativement peu prononçable par les non-anglophones, qui a pourtant été un succès en France.

 

Michel Gondry, vous commencez à connaître ? Perdu, car voilà encore un film qui, s'il reste dans la lignée de ses précédentes réalisations, est encore neuf, encore plus personnel, encore plus… Impossible de ne pas se laisser prendre au jeu, de ne pas tomber, ou plutôt sauter à pieds joints dans "La Science des Rêves", nouveau bijou du réalisateur.

 

Pour son premier film français, gondry nous fait plaisir, se fait plaisir, et ça se sent. L'histoire est un peu la sienne, c'est celle de Stéphane, jeune homme un peu perdu, qui préfére vivre ses rêves plutôt que sa vie, et mélange allégrement le réél et le rêvé. Il rencontre, en s'installant à Paris, Stéphanie, sa voisine, qui, après tout, préférerait peut être aussi avoir le courage de vivre ses rêves plutôt que sa vie. Certes cela est déroutant. Il ne vaut mieux pas essayer d'y comprendre grand-chose, il faut juste accepter de lâcher prise pour que tout retrouve un « semi-ordre », qui suffit grandement, Gondry nous l'assure.

 

Stéphane (Gael Garcia Bernal) évolue donc dans des décors en cartons à l'anarchie grandiose, qui mélangent la logique et la bricole, les effets spéciaux « faits dans un garage avec des potes » et un Paris bien réel. Pourtant, ce qui nous fait beaucoup de bien dans ce film, c'est que, même dans un univers tellement normal qu'il en devient gris, Michel Gondry nous propose de rêver, de ne voir  plus que la fantaisie de la réalité, de la rechercher. A l'image du bonnet péruvien d'Alain Chabat, génial en beauf magnifiquement grossier et pourtant touchant ou de ces flics musiciens qui improvisent un bœuf avec un piano trouvé sur un trottoir.

 

Interprété au plus juste, filmé de main de maître, avec des plans à la cinématographie impressionnante, "La Science des Rêves" peut se voir de deux façons. Version critique de cinéma : "La Science des Rêves" est un film fait par un très bon réalisateur, joué par des acteurs impeccables et à l'esthétique qui l'est tout autant, avec des cadrages novateurs, une esthétisation des décors qui dénote un côté enfantin de la narration de Michel Gondry, etc...

 

Mais nous laisserons tout cela à Libé, Télérama et autres Cahiers du Cinéma pour vous recommander la version « spectateur qui ne boude pas son plaisir ». C'est film, certes très bon, mais qui, surtout, nous emmène dans un monde fantastique, qui est pourtant le nôtre, et nous donne envie de laisser libre cours à la fantaisie… Somme toutes "La Science des Rêves" est un très bon remède à la grisaille, au mauvais temps, à la rentrée politique, à la rentrée tout court, à la mélancolie, à la nostalgie des vacances, au ras-le-bol (eh oui déjà) du travail, à la rationnalité ambiante, aux journaux télévisés, au réveil matin qui sonne, au téléphone portable, aux mauvais films de rentrée, aux................... (remplissez avec ce qui vous convient le mieux), aux belles-mères, à l'école, aux embouteillages de rentrée, etc...

 

Vous avez compris le principe, il ne vous reste aucune excuse pour ne pas courir voir ce petit bijou qu'est "La Science des Rêves" et, après, faites moi plaisir, essayez aussi d'accrocher des nuages à votre plafond, et construisez donc la machine à remonter le temps d'une seconde, en somme, répondez à l'invitation de Michel Gondry, laissez libre cours à votre imagination et retrouvez votre âme d'enfant, elle n'est pas si loin !

Auteur :Fadette Drouard
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