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La Veuve de Saint-Pierre : Vive le classique !

Dans le film "La Veuve de Saint Pierre", nous sommes donc à Saint-Pierre, en 1850, au large de Terre-Neuve.

La petite île fait vivre de nombreux pêcheurs de morue. Le climat y est rude et austère. Dans ce petit bout de terre, proche du Canada, un habitant a été assassiné. Condamné à mort, le cas du meurtrier pose un sérieux problème car la peine prévue est un rendez-vous avec la veuve.

Taillée dans un bois épais, cette veuve est constituée de deux montants verticaux tout en haut desquels un couperet lourd et affûté attend d'être actionné pour remplir sa fonction de décapitation.

Vous l'aurez compris, la veuve en question, c'est la guillotine, sombre et incontestable héritage de la période révolutionnaire, instrument d'exécution en France des condamnés à mort en présence du public jusqu'en 1939, et dans la cour des prisons jusqu'en 1977, année de sa dernière utilisation.

"La Veuve de Saint Pierre", inspiré de faits réels, devait être à l'origine tourné par Alain Corneau. C'est Patrice Leconte qui a finit par accepter de prendre le relais, sentant bien qu'il y avait dans cette pathétique histoire une époque et un décor propice au souffle romanesque qui sommeille dans chaque cinéaste digne de ce nom.

"La Veuve de Saint Pierre" film permet ainsi d'ouvrir une réflexion sur les notions de culpabilité, de rédemption et de pardon face à l'application de la peine de mort.

Mais Patrice Leconte a par ailleurs choisi d'entremêler à cette thématique une incandescente et romanesque passion servie avec sobriété par le couple Daniel Auteuil/Juliette Binoche, comédiens aux qualités éprouvées et reconnues. 

La véritable surprise de cette production française qui a coûté près de 100 millions de francs, réside dans l'interprétation du condamné assumée par le cinéaste d'origine serbe : Emir Kusturica. Pour une première prestation devant la caméra, c'est un coup de maître. Emir Kusturica est étonnant de justesse et de passion contenue.

Terminons en mettant en évidence l'aspect classique de la mise en scène de Patrice Leconte. Ce dernier emploie dans "La Veuve de Saint Pierre" le Cinémascope de façon très convaincante. On le savait déjà depuis "Mr Hire" avec Michel Blanc, et il prouve qu'il a désormais l'étoffe requise pour diriger d'autres sagas romanesques. 

Auteur :Dordain Christophe
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