7 décembre 2019
Archives Critiques

La Vie Aquatique : La critique

"La Vie Aquatique" est un film entre douceur, humour et amertume... Un de ceux qui mélangent des choses qu'eux seuls n'arrivent à mélanger. Il y a du Monthy Python dans ce film là, du Tim Burton aussi, dans un mélange unique et exceptionnel à la Wes Anderson.

Du Monthy Python grâce au merveilleux Bill Murray, qui semble aussi à l'aise en illogique et enfantin océanologue qu'en acteur exilé au japon. On se surprend à penser à John Cleese, référence du genre, le trublion des Python, dont Murray semble le double.

Quant à Burton, la référence la plus immédiate serait celle qui passe par Henry Selick, réalisateur de "L'Etrange Noël de Mr Jack" que l'on attribue plus souvent, et à raison, à l'auteur d'"Ed Wood". Selick, brillant animateur de Stop Motion, a supervisé toutes les scènes d'effets spéciaux et recréé notamment le monde sous-marin de Zissou, celui dans lequel il se sent bien.

Mais plus que ça dans "La Vie Aquatique"  c'est la poésie de l'univers qui séduit et rappelle le génial créateur de "Big Fish" (toujours des poissons!). Un monde fantastique qui ne tient à rien, tout au plus à pas grand chose, à la logique toute personnelle de Steve Zissou. Un univers de clown triste où les gags burlesques sont légion, qui peut en dérouter plus d'un, mais n'est ce pas là aussi l'intérêt ?

Une comédie bien grasse sur le même sujet n'aurait pas eu ce charme qui fait que, bien après la fin de la projection, on se souvient de "La Vie Aquatique" et rien qu'un bonnet rouge ou une combinaison bleue peuvent faire éclater de rire.

Sans oublier la musique, qui épouse cet univers comme une seconde peau, sorte d'emballage qui garantit la fraîcheur du produit. Où aurait t-on pu trouver ailleurs ce morceau du précédent film d'Andersen, "La Famille Tenenbaum", joué à l'envers ? Ou encore les reprises de David Bowie par Seu Jorge ; Ziggy Stardust ou Life on Mars joués en portugais version Bossa Nova.Tout ça a de quoi surprendre !

Mais ces chansons évoquent parfaitement ce mélange complexe de poésie et de folie véhiculé par la Team Zissou dans "La Vie Aquatique". Parce que l'équipe est incroyablement hétéroclite, mais partage une chose: sa loufoquerie.

Entre un allemand qui se voudrait fils de Zissou, un fils de Zissou « supposé biologique » pilote de ligne, une journaliste enceinte, et le larbin d'une compagnie d'assurance (qu'on appelle d'ailleurs « le larbin ») entre autres, l'aventure est communicative...

Grâce surtout à un casting parfait, et parfaitement en symbiose. Les acteurs se connaissaient et paraissent prendre un plaisir non caché à jouer ensemble les personnages étoffés et très bien dessinés de leur réalisateur.

Ce dernier portait l'histoire depuis longtemps et y a longuement réfléchi, c'est sûrement pour ça qu'elle nous reste en tête et qu'on n'a qu'une hâte quand on sort de la salle, y retourner, parce que décidément, ces gags qui semblaient simples sont bien compliqués et d'une simplicité extrême à la fois ! Et aussi parce que jusqu'à la fin du générique on ne garde que des bons souvenirs...

Deux question justement à propos de ce dernier : qu'en dit le vrai Steve Zissou ? Celui pour lequel les auteurs ont rajouté deux lignes dans le générique de fin et qui est « un avocat très réputé et très respecté à New York et qui ne s'occupe que d'affaires légales fédérales ».

Et aussi, qu'en dit la fondation Cousteau, puisque ce film « est dédié à la mémoire de Jacques Yves Cousteau », avec toute la gratitude des auteurs « à la Cousteau Society, qui n'a pas participé à la création de ce film. » ?

Pince sans rire, Wes Anderson ? Nooooooon, ou alors rien qu'un peu, et qu'est ce que c'est bien !

Auteur :Fadette Drouard
Tous nos contenus sur "La Vie aquatique" Toutes les critiques de "Fadette Drouard"

ça peut vous interesser

Brooklyn Affairs : La critique du film

Rédaction

Concours DVD : Un justicier dans la ville

Rédaction

Un justicier dans la ville avec Charles Bronson

Rédaction