19 octobre 2019
Critiques

La Vie d’Adèle : Chapitres 1 et 2 : Critique n° 3

Tout le monde en a entendu parler. Sans doute de trop et ce à cause des diverses polémiques qui ont égratigné la promotion du film et ce, dès la remise de de la Palme d'Or par Steven Spielberg. Depuis, les actrices et le réalisateurs se sont échangés plusieurs piques par médias interposés. Bref, alors même que le film n'est pas encore sorti, le battage médiatique autour de lui en en marche depuis longtemps et n'est sans doute pas près de s'arrêter, les commentaires post-festival de Cannes et autres sont tous excellents. La Vie d'Adèle était proposé en ouverture du 28ème FIFF de Namur et c'est là que nous l'avons découvert.

On pourrait penser que le film est un soutien voulu à la cause pro-gay mais, contrairement à ce que l'on pourrait croire, pas du tout. Le film est simplement une ode à l'amour. Le caractère cru du sujet et du film pourrait en choquer plus d'un notamment les plus anciens. Mais, comme en a témoigné une journaliste de cette tranche d'âge lors de la conférence de presse d'après film, pas du tout. Le film met tout simplement l'amour en valeur. Que ce soit l'amour hétéro comme homo, c'est l'amour qui prime. Et comme pour les hétéros, les homos ont les même peines, mêmes envies, même épreuves à traverser. Même si pour beaucoup cela peut paraître évident de nos jours, ce n'est pas le cas comme peuvent le témoigner les diverses polémiques qui ont eu lieu suite à la loi pour le mariage gay en France et également la sortie du film.

Adèle (Adèle Exarchopoulos) et Emma (Léa Seydoux) s'aiment. Tout simplement. Au milieu du film, Abdelatif Kéchiche nous montre cet amour dans sa quintessense. Les corps se mêlent. Les poils se hérissent. Les filles frémissent. Le spectateur est plongé dans cette danse des âmes et des corps. C'est cru. Très cru. Abdelatif Kéchiche filme au plus près. Cela pourrait faire voyeur mais on sent vraiment les que les intentions du cinéastes sont bonnes. Il veut nous montrer cet amour pur de la plus belle manière.

La mise en scène d'Abdelatif Kéchiche est un peu unique en son genre. Il laisse sa caméra tourner au maximum laissant ainsi à ses acteurs un champs d'action énorme. Tout est maitrisé, précis et cela se ressent tout du long. Mais rien de tout cela ne ferait de La Vie d'Adèle un si beau film si il n'y avait pas le duo d'actrices principales.

Car bien entendu, l'atout choc de ce film ce sont Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux. Bien qu'il y ait eu un différent entre le réalisateur et elles, ça a visiblement été bénéfique tant le résultat à l'écran est superbe. Leur couple est crédible, leur bonheur est crédible, leur malheur est crédible. Mention spéciale à Adèle Exarchopoulos qui est d'une justesse rare. Parfois, on a l'impression que le naturel prend le dessus sur le jeu et c'est vraiment bluffant.

Bien que le film dure près de 3h, ça passe comme une lettre à la poste. Le film est vraiment prenant de bout en bout. Il n'est pas rare de s'ennuyer pendant un film de 1h40. Pendant les films plus longs aussi. Et pourtant, malgré sa durée assez longue, La Vie d'Adèle parvient à captiver le spectateur jusqu'au bout. La performance est remarquable c'est incontestable.


Un film avec Mads Mikkelsen, ça donne envie. Un film où il parle en français, ça attise la curiosité. Autant dire que "Michael Kohlhaas" était un projet attendu au tournant, surtout qu'il est réalisé par un très bon documentariste : Arnaud des Pallières. Bien que sur la forme l'exercice est réussi, sur le fond, c'est autre chose. Explications sur une déception.

L'histoire de "Michael Kohlhaas", éleveur de chevaux dans les Cévennes durant le XVIème siècle. Victime de l'injustice d'un seigneur, Kohlhaas va vouloir faire la sienne en levant une armée afin d'obtenir justice et ce qui lui est dû. Une histoire simple, mais efficace sur le papier. Le problème est que des Pallières ne fait qu'effleurer divers sujets sans jamais aller plus en profondeur alors qu'il y avait largement de quoi faire: le problème de l'autorité, la rebellion, la paternité, la fraternité, etc. Les thèmes fortss ne manquaient pas, mais ce film est plus une jolie coquille vide qu'autre chose.

Des Pallières s'est limité à son scénario qu'il aurait du plus étoffer. Parce que si tout est très bien fait, on se retrouve devant un beau tableau sans profondeur devant lequel l'ennui s'installe à force. Il n'y a pas grand chose à reprocher à des Pallières au niveau de la mise en scène car celle-ci est efficace. Les plans sont travaillés, les cadres recherchés, la photographie est superbe, la caméra est posée et le réalisateur prend le temps de décrire les différentes situations. Mais il y a un goût de trop peu, d'inachevé.

"Michael Kohlhaas" est interprété par Mads Mikkelsen, l'acteur danois mondialement connu pour avoir joué “Le Chiffre” dans "Casino Royale". Celui-ci joue en français, une langue qu'il ne parle absolument pas, c'est pourquoi il a dû apprendre ses répliques par coeur. Sa diction est très bonne et on le comprend très bien. Il apporte à son personnage une dimension épique. Un côté très paternel d'un homme bon, mais aussi une face plus sombre d'un personnage dont le but est d'obtenir la justice.

Mikkelsen n'est pas la seule bonne idée au niveau du casting puisqu'il a pour partenaires plusieurs acteurs aux carrières bien remplies : Bruno Ganz, Sergi Lopez, Denis Lavant, Mélusine Mayance, mais aussi le jeune Paul Bartel vu dans "Les Géants". Ceux-ci ont tous des petits rôles tout en les exécutant avec efficacité. Il n'y en a pas un qui soit en dessous.


Une critique publiée avec l'aimable autorisation de Cinéphilia que nous remercions chaleureusement.

Auteur :Thibault Van de Werve
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