Critiques

L’Appel de la forêt : Le manque de flair de Disney

Par Victor Van De Kadsye

Au départ, tout semble normal. Les lumières s'allument, les premières notes retentissent. Le mythique thème de la 20th Century Fox s'impose dans la salle de cinéma. Pourtant, quelque chose a changé et pas des moindres. Le nom de William Fox a disparu pour se faire remplacer par le terme Studios. Une modification faite par la firme Disney, afin de polir l'image des studios associée au conservatisme de Fox News.

Sous la forme, l'identité de la Fox reste la même par des traits reconnaissables. Pourtant, l'impression de voir un film Disney s'impose évidemment. Tel est le cas de cet "Appel à la forêt", adaptation du célèbre roman de Jack London, qui rame constamment entre l'entreprise Mickey et le film d'aventure pur et dur. Une chose est sûre : le résultat n'est pas le fiasco annoncé par les réseaux sociaux !

Un nom pour incarner, dans ce cas précis, cette dichotomie entre corporation et création artistique : Chris Sanders. Opérant depuis plusieurs années pour des compagnies spécialisées en animation (Disney donc mais aussi Dreamworks), Sanders s'est toujours démarqué pour présenter des mythes, des univers à un large public. "Lilo & Stitch" plongeait sur les terres Hawaiennes tandis que "Dragons" nous faisait voler vers les terres nordiques.

"L'Appel de la Forêt" est un nouveau voyage proposé par l'artiste. Cette fois-ci, on embarque en traîneau vers le territoire du Yukon. Un environnement proposé en live-action, choix surprenant de la part de Sanders. On y suit l’épopée de Buck, sacré gaillard canin parti de force de sa demeure Sudiste pour trouver sa voie vers le Yucon. Un chemin initiatique que l'on pourrait facilement imaginer en animation tant le film s'attarde à filmer des chiens en image de synthèse. Et c'est là que cette perturbation commence...

critique-appel-foret1
Omar Sy - Copyrights Twentieth Century Fox France

Car il y a cette impression de voir deux films en un. Ce dernier, en images de synthèse, aurait pu se démarquer de la production habituelle en montrant, seulement par les images, l’instinct de ce héros communiquant par aboiements. Son parcours du combattant, aussi violent que lumineux, aurait pu se voir doter, par l'animation, d'une épuration pouvant séduire un jeune public. Toutefois, la dimension familiale de l'ensemble reprend rapidement le dessus. Aussi, avons-nous à la place un film en live-action incrusté d'improbables fonds verts et de comédiens prestigieux quoiqu'un peu grimaçants tel Harrison Ford. Cependant, évitons la mauvaise foi et reconnaissons qu'il y a une touche film d'aventure traitée avec respect. Mais, à force de jumeler deux univers cinématographiques distincts, difficile d'être immergé dans ce monde marqué par une technologie numérique trop voyante.

"L'Appel de la forêt" s'appuie sur d'excellentes intentions initiales. Il saura convaincre un jeune public en quête d'apprentissage sur une page des Etats-Unis. Pourtant, le spectateur adulte, lui, sera vite frustré de voir une édulcoration si vite contraignante. Pour un film censé mordre, il est très vite distrait comme s'il courait vers une baballe...

Tous nos contenus sur "L'Appel de la forêt" Toutes les critiques de "Victor Van De Kadsye"

ça peut vous interesser

Police : Le 03 Juin

Rédaction

Artemis Fowl arrive !

Rédaction

En avant : La magie opère

Rédaction