28 octobre 2020
Critiques

L’ascension de Skywalker : La force tranquille

Par David Mauqui

Annoncé comme la conclusion de la saga principale et attendu par les fans comme l'ascenseur de 22h43 en provenance de Babylone, "Star Wars : L'Ascension de Skywalker", le blockbuster de Noël, sera-t-il à la hauteur de leurs attentes ou pareil à une boîte de chocolat dont certains sont écœurants et d'autres délicieux ?

Unique révélation de cette chronique : Bébé Yoda n'est pas au casting, il est donc inutile de vous rendre en salle s'il était votre seule motivation. Par contre, tout le reste du casting apparaît, y compris Carrie Fisher dont la présence artificielle est à la fois émouvante et dérangeante car elle démontre qu'il est désormais possible de se passer d'un interprète, comme cela avait été illustré par Ari Folman dans "The Congress" (2013). Au moins la production n'a pas eu l'indélicatesse d'exiger des séquences de jeu associant son fantôme à ses anciens partenaires.

Visuellement, dans "Star Wars : L'Ascension de Skywalker", on voyage de planète en planète et on parcourt les espaces intersidéraux sans se lasser à bord de vaisseaux qui accusent le poids des années, tressautent, fument et perdent des morceaux. Seul C3PO reste aussi brillant et effectif qu'il y a 42 ans. On saluera quand même le travail numérique qui permet d'achever ces décors cyclopéens où le choix d'y introduire des créatures manipulées de la vieille école ne dénote pas et contre-balance l'excès virtuel d'une Menace Fantôme ou de l'Attaque des Clowns.

L'intrigue de "Star Wars : L'Ascension de Skywalker" pourra surprendre, ou pas, en proposant cette fois un jeu de piste qui n'est pas sans rappeler les quêtes aventureuses d'un Indiana Jones ou plus encore du "Choc des Titans" de 1981 qui vient se greffer sur l'éternel quête de l'identité sous-jacente à l'ensemble de la saga. Rey (homonyme de “ray” en anglais : le rayon, associé à la lumière) et Kylo Ren alias Ben (le fils en hébreu) y développent un lien qui, malheureusement pourra faire rire dans son ultime révélation. Hormis ce détail pour lequel je me fais violence à ne pas le révéler, les scénaristes et les acteurs ont réussi à pondre une évolution des personnages qui reste en cohérence avec eux-mêmes et l'esprit de la saga dans cette légendaire lutte entre Eros et Thanatos, la lumière de la vie et les ténèbres de l'obscurantisme. Également, on flirte avec le messianisme sans jamais s'y perdre et on reste fidèle à l'idée fondatrice que l'union fait la Force.

En conclusion, avec "Star Wars : L'Ascension de Skywalker", la nanologie ou triple trilogie s'achève dans une volonté de satisfaire les fans avec, il faut bien l'avouer, parfois l'impression de passer une soirée diapo en famille sans l'ennui habituel. Saluons au passage l'ultime partition de John Williams qui, de même, revisite ses thèmes réarrangés pour l'occasion. Certains seront déçus, d'autres crieront au chef d'œuvre ou lanceront une fatwa pour crime de lèse-majesté. Je me contenterai d'exprimer la satisfaction d'avoir fait un beau voyage de 150 minutes dans un monde où les méchants n'ont pas le dernier mot. Seul(e)s celles et ceux qui iront voir le film comprendront le double sens de cette phrase.



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