30 octobre 2020
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Le Château dans le ciel : Quel envol !

Par Carole Bernard

"Le château dans le ciel" est le premier film produit par les studios Ghibli, il date de 1986. Il apparaît sur nos écrans après les succès qu'ont été "Princesse Mononoké" et "Le Voyage de Chihiro", mais il a été crée avant eux.

L'histoire débute dans le ciel, lieu de prédilection des zeppelins et de toutes sortes de dirigeables et machines volantes. L'héroïne, la petit Sheeta tombe du ciel en tentant d'échapper à une bande de pirates aussi loufoques que redoutablement efficaces. Elle est recueillie par un jeune garçon Pazu, qui va la protéger et la suivre dans ses aventures. La première partie du film se déroule dans une Europe imaginaire de la Seconde Révolution industrielle.

Ce cadre permet à Miyasaki de créer de splendides décors, notamment des lignes de chemins de fer suspendues au-dessus des mines. On est dans un monde ouvrier, les habitants du village, une cité dortoir, sont des mineurs courageux et notre jeune héros travaille déjà. Le récit se déroule dans un univers très proche du réel, en tout cas industriel et mécanique, les machines, volantes et à vapeur, mais aussi les machines de guerre remplissent le champ visuel. Mais même dans ce cadre, il y a toujours une autre manière de voir le monde (comme quand les deux enfants rencontrent le vieil homme dans le sous sol de la ville), le film reste un conte merveilleux. Nos jeunes héros et leurs assaillants cherchent tous à éclaircir le mystère de Laputa, la cité volante mythique...

On trouve dans "Le château dans le ciel" les thèmes que Miyazaki animent dans chacune de ses œuvres. On pourrait évoquer : la puissance régénératrice de la nature face aux dangers de la technologie, l'envie de puissance et de pouvoir des humains et une quête d'un monde meilleur. Miyasaki va décliner ces idées dans son film avec talent. Parce que si l'auteur a toujours une matière à développer, il a aussi un sens de la narration incroyable. Le suspense reste intact jusqu'au dernières minutes, il n'y a pas de temps mort : Miyasaki alterne moments trépidants (avec toute une panoplie de cocasseries et de personnages délirants), et des moments plus contemplatifs, où on se laisse émerveiller par des dessins magnifiques, évoquant des lieux magiques, des sentiments profonds. On pourrait louer aussi son refus de tout manichéisme.

Le réalisateur ne cherche jamais à nous imposer une vérité, simplement il scrute l'ambiguïté des rapports humains et nos rêves les plus fantastiques trouvent une sorte d'écho, une illustration toujours plus inspirée dans ses films.



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