19 septembre 2020
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Le Chocolat : La critique

Le vent du Nord est capricieux, il soulève les capelines des voyageurs et ouvre les portes de l'église du petit village de Lansquenet pendant l'office. Qu'à cela ne tienne, le bon comte Reynaud veille et s'empresse d'aller refermer les portes laissées béantes. Le même jour arrive au village une étrange voyageuse qui s'installe avec sa petite fille dans l'ancienne pâtisserie.

Les rumeurs vont bon train dans le village et tous découvrent, le jour de l'ouverture (au beau milieu du carême), la nouvelle chocolaterie du village. Si les plus méfiants ont vite fait de rentrer chez eux en bougonnant, les curieux et les gourmands ne tardent pas à tourner autour de la boutique de Vianne Rocher. Le comte, estomaqué par l'audace de cette étrangère venue empiéter par ses plates-bandes, se prépare déjà à trouver un moyen de la faire quitter le village au plus tôt. C'est sans compter sur le courage et l'acharnement de Vianne laquelle, à force de patience et de chocolats chauds, finit par devenir l'amie de quelques habitantes du village bien décidées à défendre leur liberté face au comte, garant de la moralité du village, et à ses grenouilles de bénitiers.

Décidément, "Le Chocolat", outre son bon goût semble posséder des vertus encore largement ignorées. A l'aide de quelques recettes, Juliette Binoche (les joues plus rouges que jamais) parvient à transformer un village très "vieille France" en une communauté ouverte et dynamique. Bien sûr, Lasse Hallström a prévenu ses spectateurs par un "il était une fois…" de rigueur : l'histoire est un conte. Moderne, certes, mais un conte tout de même.

Pendant la première partie, on y croit dur comme fer, les acteurs et le récit vivants et énergiques comme jamais nous plongent très vite dans l'histoire de cette petite communauté repliée sur elle-même qui apprend à découvrir l'autre à l'arrivée de Vianne. Les acteurs s'avèrent tous plus que convaincants, les uns en gentils courageux et les autres en méchants pathétiques, et la caméra du réalisateur trouve naturellement sa place au milieu de tout ce petit monde.

C'est dans la seconde partie que "Le Chocolat" perd de sa saveur, devenant, en se concentrant sur le personnage de Vianne et sur ses problèmes, beaucoup plus convenu et moins satisfaisant. Pour autant, le film ne perd pas de son attrait, Lasse Hallström parvenant sans cesse à le relancer par une évolution constante de son récit et par la richesse de ses personnages, tous interprétés avec beaucoup de justesse par une brochette d'acteurs qui collent tous à leur rôle (de l'étonnante Carrie-Ann Moss à Johnny Depp en passant par Judi Dench, Alfred Molina ou Victoire Thivisol).

Fable séduisante pleine de bonne humeur et de bonnes intentions, "Le Chocolat" de Lasse Hallström charme par sa nonchalance et son côté enfantin. Un film rafraîchissant.

Auteur :Guillaume Branquart
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