23 octobre 2019
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Le Dernier Rempart : Arnold méritait mieux

Certaines icônes sont décidément indéboulonnables. Elles ont beau vaciller sous les coups, elles finissent toujours par se redresser et poursuivent leur route, le cuir tanné par les épreuves traversées.

De retour aux affaires après ses apparitions plus ou moins importantes dans les deux "Expendables", Arnold Schwarzennegger trouve dans "Le Dernier Rempart" son premier premier rôle depuis la fin de son mandat politique.

Si le colosse a vieilli, il n'en demeure pas moins toujours aussi impressionnant et il en impose toujours grâce à un charisme intact. Malheureusement, l'écrin qu'il s'est choisi pour revenir, s'il permet de passer un bon moment, ne va pas beaucoup plus loin. A sa décharge, il n'est pas aidé par un scénario d'une bêtise abyssale qui use et abuse de toutes les grosses ficelles possibles.

Durant toute la première moitié du film "Le Dernier Rempart", une exposition sans saveur n'en finit pas. On se dit que "Le Dernier Rempart", avec ou sans Schwarzie, ne sera qu'une série B poussive et un brin anachronique, tout juste apte à garnir les rayons des DTV.

Mais alors que l'on se ronge les sangs pour qu'enfin le récit et l'action se mettent en marche, le bon vieux film bourrin déploie ses ailes et entre dans cette sacrée dimension eighties chérie, où l'on retrouve notre Arnie tel qu'en lui même, défouraillant à tout va, tout en lâchant quelques punchlines bien senties.

La grande force de Schwarzenegger comme de Stallone et consorts d'ailleurs, c'est qu'ils véhiculent un tel background, une telle imagerie populaire, que, lorsqu'ils se permettent de jouer avec tout en y apportant un second degré salvateur, alors les répliques claquent comme les coups de revolver.

La mise en scène de Kim Jee-Woon est, par moments, impressionnante et efficace, mais jamais elle ne prend le pas sur son héros et elle est devenue anecdotique et relativement impersonnelle en traversant l'Atlantique.

On ignore si le réalisateur a pu imprimer sa patte comme il le souhaitait mais la relative sagesse de l'ensemble tendrait à prouver qu'il a été bridé par le studio ou par la star, voire par les deux et que jamais il ne parvient à s'affranchir de cette tutelle et à exprimer des qualités nettement plus perceptibles lorsqu'il était aux commandes de "Le Bon, la Brute et le Cinglé" ou de "J'ai rencontré le Diable".

Reste que "Le Dernier Rempart", s'il remplit plutôt bien sa mission de divertissement, n'a rien de transcendant, la faute on l'a dit à un scénario approximatif et aussi à un bad guy (Eduardo Noriega) tellement outrancier qu'il en devient ridicule et pathétique.

Avec ses seconds rôles, le film ne parvient pas réellement à redresser la barre: Johnny Knoxville est amusant, Forest Whitaker prend son chèque sans forcer son talent, et les interchangeables Rodrigo Santoro, Jamie Alexander, Luiz Guzman ou Peter Stormare s'ils ont quelques bons moments n'apportent que le minimum syndical, à un ensemble sympathique mais bancal.

Par moments "Le Dernier Rempart" ressemble à un épisode de série TV des années 80 ("Agence tous risques" notamment lors de la préparation de l'assaut), alors on a parfois le sourire, certaines séquences sont plutôt bien senties, mais au bout du compte on se dit que Arnold Schwarzenegger méritait mieux que ce petit plaisir qui ne fait qu'ajouter une ligne anecdotique à sa filmographie.

Auteur :Fred Teper
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