29 octobre 2020
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Le Guetteur : Loupé ! Qui trop embrasse, mal étreint

Du réalisateur de «Romanzo Criminale», il était légitime d'attendre mieux que ce mille-feuilles indigeste. Si le réalisateur semble s'inspirer du cinéma d'Olivier Marchal, il en oublie certains principes de base. Il ne suffit pas de piller le casting de l'ancien flic de la Crim (Daniel Auteuil avec la doublette « 36 quai des Orfèvres »/ « MR 73», mais également le toujours aussi juste Francis Renaud, vu dans «Les Lyonnais», sont de l'aventure), ni même de nous noyer dans l'hémoglobine - et c'est peu dire que le metteur en scène transalpin n'épargne à ses spectateurs aucune violence- encore faut-il maintenir une tension palpable tout au long de l'histoire. 

Et à ce stade de l'analyse, une question nous taraude. Pourquoi diable, l'ancien acteur italien plombe son scénario en multipliant les histoires annexes, quitte à ce que celles-ci vampirisent l'écran ? Nous évoquions la pâtisserie, nous pourrions tout aussi bien faire une comparaison avec les poupées russes ; ces matriochkas qui s'emboitent les unes dans les autres. D'un classique duel policier-voyous, l'action dérive vers un portrait de serial killer pédophile, incarné par un Olivier Gourmet qui n'avait jamais sans doute été aussi mauvais, à la notable exception de « légitime défense », puis se perd dans les méandres de l'expédition afghane. Vous saupoudrez le tout avec une interprétation, notamment celle du monolithique Matthieu Kassovitz toujours aussi peu à l'aise avec la nuance et la délicatesse, et vous sortez de la salle avec une migraine carabinée. «Le guetteur»? Pas grand-chose à voir finalement ! 
Auteur :Régis Dulas
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