22 janvier 2022
Critiques

Le Jour d’après : Critique

Ayant clamé sa supériorité tout l'été, l'Amérique se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue… Et les américains allèrent crier famine "Le Jour d'Après" chez les pays du tiers-monde leurs voisins...

Autant vous prévenir tout de suite : même si avec "Le Jour d'Après" Roland Emmerich relève le niveau du film-catastrophe d'un cran, il ne fait que passer de la mention médiocre à la mention passable. Donc, pas de quoi nous rabibocher vraiment avec ce sous-genre cinématographique qui n'a que trop tendance à prendre le spectateur pour le Simplet de Blanche-Neige en voulant lui faire ingurgiter des énormités sous le couvert d'une étiquette de spectacle visuel. Et si ce style de cinéma trouve son public, c'est bien parce que les « usines de production de blockbusters » ont vite compris leur intérêt à s'attirer les faveurs d'une certaine génération « imagéophage » dont le trip préféré est le shoot aux images de synthèse et autres images nées des possibilités infinies offertes par le numérique.

En plus, avec "Independance Day" et "Godzilla", Roland Emmerich est surtout connu pour être un faiseur de discours pro-américains, ultra-patriotiques et démagogiques (ce qui est quand même un comble pour un réalisateur de nationalité allemande) et un faiseur d'histoires à la gloire de la civilisation américaine qu'il présente systématiquement comme seule capable de sauver le monde des catastrophes. Ce qui ne peut que nous filer de l'urticaire. Toutefois, avec "Le Jour d'Après", il semblerait que Roland Emmerich ait évolué un peu… En effet, cette fois, il ne nous assène pas le mythe de l'américain super-héros qui accomplit des miracles dans des conditions cataclysmiques pour sauver le monde entier, et il nous épargne le happy-end écoeurant du petit drapeau étoilé agité sous nos yeux, symbole du dédain présomptueux de l'empire américain à l'égard du reste du monde.

Simple volonté d'être moins balourd ou véritable prise de conscience ? Toujours est-il que Roland Emmerich réalise là, de manière assez inattendue, un film plus nuancé relevé d'une pointe d'ironie qui, en plus de soulever un réel problème écologique, remet en cause la suprématie américaine. Roland Emmerich se paye même le culot d'aller à l'encontre des idées et valeurs établies concernant ce genre de film : le vice-président est responsable de l'hécatombe humaine ; le président américain meurt ; des deux solutions possibles on choisi « la moins pire », car la catastrophe ne peut plus être évitée ; à cause du plan d'évacuation de la population mis en place, les américains deviennent des immigrés clandestins en passant illégalement la frontière du Mexique qui veut endiguer ce flot d'indésirables ; le climatologue Jack Hall qui, pour sauver son fils Sam, va effectuer à travers les Etats-Unis une randonnée en raquette de la dernière chance, certes se surpasse, mais reste un être humain et ne devient pas un héros invincible : il ne pourra éviter ni la mort d'un de ses compagnons de raid ni celle de milliers d'habitants.

Mais quelle mouche (bienvenue) a donc piqué Roland Emmerich pour qu'il trouve dans la subversion un appui pour construire son film ? Néanmoins, "Le Jour d'Après" n'est à prendre que pour ce qu'il est : un spectacle à fortes sensations visuelles qui demeure, malgré tout, enfermé dans le carcan du film-catastrophe. J'en veux pour preuve le mitraillage d'effets spéciaux travaillé en corrélation avec la bande-son et destinés à amplifier encore le dérèglement dantesque des climats et à renforcer le côté apocalyptique de la catastrophe qui s'abat sur la tête de l'humanité tout entière. En plus, les effets spéciaux et les images de synthèse sont plutôt moyens : certains plans (loups, ciel, etc.) transpirent trop le côté virtuel et sont bien loin d'ancrer le film dans le réalisme.

Et puis, sur le fond, comme par hasard, Jack et son fils Sam se retrouvent séparés avant le grand péril et ils vont devoir apprendre à survivre dans des conditions extrêmes, stimulés par l'espoir de se retrouver et d'avoir l'occasion de gommer le mur d'incompréhension qui existait entre eux la dernière fois qu'ils se sont vus. Et comme par hasard, la catastrophe va permettre à Laura, la fille dont est amoureux Sam, d'ouvrir les yeux sur la vraie valeur de celui qu'elle considérait à peine comme un copain, trop intello et introverti à son goût. Malheureusement pour nous, "Le Jour d'Après" demeure un film formaté qui obéit au choc des images et qui ne laisse pas de côté les bons sentiments.

Auteure :Nathalie DebavelaereTous nos contenus sur "Le Jour d'après" Toutes les critiques de "Nathalie Debavelaere"

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