28 février 2020
Critiques

Le Lion : est lourd ce soir…

Par Jérémy Joly

Hormis "Le Lion", Ludovic Colbeau-Justin a réalisé pour la télévision des séries comme "No Limit" ou "Léo Mattéï, brigade des mineurs". Au cinéma, il a travaillé en tant que directeur de la photographie ("On voulait tout casser" de Philippe Guillard et "Tout le monde debout" de Franck Dubosc) avant de co-réaliser avec Nawell Madini : "C'est tout pour moi".

Son nouveau film "Le Lion", une comédie d'espionnage, réunissant pour la première fois le duo Dany Boon/Philippe Katerine, a eu droit à une promotion colossale. Il est impossible de passer à côté de son affiche au fond bleu, un détail devenu obligatoire pour les comédies françaises ces dernières années, avec comme titre d'accroche qui donnerait plutôt envie de fuir : « Un psy, son patient : 2 grands malades ». On y retrouve un Dany Boon, imitant Jean-Paul Belmondo dans L'As des As". La bande-annonce, censée mettre en valeur les qualités du film, ne contient rien qui puisse faire rire les spectateurs. Tout cela ne dit rien qui vaille...

Pour l'aider à retrouver sa fiancée disparue, Romain, un médecin en hôpital psychiatrique n'a d'autre choix que de faire évader l'un de ses patients, Léo Milan, qui prétend être un agent secret. Mais Romain n'est pas tout à fait sûr d'avoir fait le bon choix. Léo dit « Le Lion » est-il vraiment un agent secret ou simplement un gros mytho ?

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Copryright : Pathé Distribution

Dany Boon interprète "Le Lion", un patient enfermé dans un asile psychiatrique, qui fait douter le spectateur sur sa véritable identité. Dany Bonn est peu crédible dans ce personnage qu'il surjoue. Face à lui, Philippe Katerine, joue son psychiatre qui prend la décision de l'aider à s'évader et qui finira plusieurs fois par regretter ce choix. Philippe Katerine a déjà prouvé son talent, il a reçu le César du meilleur acteur dans un second rôle pour "Le Grand Bain" de Gilles Lellouche. Que diable allait-il faire dans cette galère ? Malheureusement, son talent ne suffira pas à rendre son personnage drôle. Quel gâchis ! Le duo fonctionne péniblement. Malgré tout, il faut noter la présence d'Anne Serra, dont c'est le premier grand rôle au cinéma, qui joue la fiancée du psychiatre qui se fait kidnapper. Elle se fait remarquer dans ce rôle secondaire.

Le scénario, qui est assez mince, vous décrochera peut-être quelques sourires, mais pas de rires. Ce buddy-movie, construit à la façon de "L'Emmerdeur" d'Édouard Molinaro, comporte des situations comiques aberrantes. Les dialogues sont d'une grande platitude et retombent très vite. La musique, qui tente de parodier les bandes originales des films à la James Bond, est insupportable et ne sert qu'à décorer des scènes avec peu d'action. Les cascades, qui sont nombreuses, auraient pu être intéressantes si elles avaient été mieux filmées et mieux montées. La réalisation est plutôt fade et le montage raté.

La fin du film est un sommet d'absurdités. Vous l'aurez compris, il est donc fortement conseillé d'attendre un dimanche soir où "Le Lion" sera inévitablement diffusé à la télévision pour le découvrir, et encore, s'il n'y a rien d'autre d'intéressant aux autres chaînes. Ce film va sans aucun doute régaler Éric Neuhoff, connu pour son pamphlet « (Très) cher cinéma français », où il critique de façon exagérée et trop pessimiste le cinéma français. Avec "Le Lion", c'est à se demander s'il n'avait peut-être pas raison...

Dans le cinéma français, terrible cinéma français, "Le Lion" est lourd ce soir...


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