23 novembre 2020
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Le monde ne suffit pas : Panne d’inspiration pour 007

"Le monde ne suffit pas" est le 19ème volet de la série des James Bond qui atteint ici une maturité inattendue, mais dont l'histoire manque singulièrement de relief voire d'intérêt.

Dans cet épisode, Bond est aux prises avec Renard (Robert Carlyle), un dangereux terroriste international à la particularité physique unique en son genre, plus il meurt, plus il est puissant et insensible a la douleur. Je m'explique : notre bad guy a pris une balle dans la tête qui n'est pas ressortie, mais qui ne le tue pas. De plus, elle continue de progresser dans une région du cerveau qui lui donne cet étonnant paradoxe.

De l'autre côté, l'agent 007 a affaire aux James Bond girls suivantes : Elektra King (Sophie Marceau) qui, a défaut du physique sulfureux habituel du rôle, a la profondeur psychologique suffisante pour étonner les détracteurs de l'actrice, dont je suis et, la cerise sur le gâteau, c'est l'adorable minois de cette chère Denise Richards (d'accord, j'avoue, c'est un peu pour elle que je suis allé voir le film) en scientifique pas très convaincue ni convaincante.

Tous les ingrédients d'un bon James Bond sont donc là dans "Le monde ne suffit pas" pour nous faire vivre 2h08 "de bonheur" dirait Dupontel.  Le petit problème, au regard de tous les épisodes de la saga qui donneraient des insomnies à George Lucas (vous le voyez faire 19 épisodes de "Star Wars" ?), c'est qu'à trop vouloir s'écarter du concept originel, on donne dans le hors sujet.

Il est clair que la difficulté d'adapter les romans de Ian Fleming, pensés pour la Guerre froide, réside dans le fait tout bête, mais il fallait y penser, qu'il n'y a plus de Guerre froide, enfin celle que Fleming a connue. Alors, il faut s'adapter au contexte contemporain, et cela n'est pas si évident, avec un espion britannique qui a tout un passé belliqueux avec le bloc de l'Est. La solution des scénaristes, depuis "Goldeneye", a été de miser sur des bad guys modernes et plus mégalomanes que jamais qui utilisent internet, les médias, etc. pour parvenir à leurs fins. 

Ce qu'il y a également de remarquable, au sens premier du terme, dans "Le monde ne suffit pas", c'est le fait que l'on assiste à une succession de scènes nostalgiques et touchantes entre les personnages de la série qui se côtoient depuis le début (voir la scène avec Q, vous en aurez les larmes aux yeux, sincèrement). Malheureusement, cela nous remémore ô combien c'était bon le passé dans les James Bond et que, demain peut mourir, ce monde ne suffit pas ou plus. 

Et l'action dans tout cela ? Pas de problème, c'est un James Bond avec une séance d'ouverture comme on les aime (une géniale poursuite en bateaux sur les canaux londoniens). Non, ce qui me gêne dans "Le monde ne suffit pas", c'est le peu d'intérêt de l'intrigue. Où sont les plans machiavéliques de Christopher Walken alias Zorine dans "Dangereusement vôtre" ? Où sont les méchants déjantés et surréalistes comme Requin dans "L'Espion qui m'aimait" ? C'est une toute nouvelle tournure que prennent les aventures bondiennes. Cette tournure était efficace dans "Goldeneye", ridicule dans "Demain Ne Meurt Jamais" et elle devient incertaine dans "Le monde ne suffit pas".

En définitive, le titre lui même sonne tel un testament : le monde actuel ne suffit plus à inspirer James Bond.

Auteur :Denis Ounissi
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