Critiques

Le Musée des Merveilles : Audacieux et enchanteur

Todd Haynes a cette capacité de mêler fond et forme, chacun complétant l'autre de son interprétation ; signant, ce faisant, des films d'une grande originalité. Mais c'est aussi un réalisateur qui enchante par sa poésie. On se souvient en particulier du merveilleux "I'm Not There", retraçant de façon surprenante les différentes facettes de la personnalité et de la vie de Bob Dylan. En adaptant le roman de Brian Selznick, il revient ici avec "Le Musée des Merveilles", un film qui joue également de sa forme, et qui a fait partie de la sélection du Festival de Cannes.

En suivant les destins de deux enfants à deux époques différentes sous forme de road movie, Todd Haynes a fait le choix audacieux de rendre palpable la différence de temporalité en jouant sur l'histoire du cinéma. Les deux enfants étant sourds, la vie de Rose en 1927 prend les codes des films en noir et blanc. Aucun mot ne sortira de la bouche des personnages, remplacés par la musique dramatique propre aux films muets. En 1977, Ben est filmé en couleur et un vrai travail sur le son permet de retranscrire le handicap de l'enfant.

Entouré d'un beau casting constitué de Julianne Moore en mère autoritaire et distante et Michelle Williams, les trois jeunes acteurs principaux sont très naturels et touchants, notamment le jeune et épatante actrice sourde Millicent Simmonds.

Très riche sur sa forme, mais également sur ses thématiques, il aborde les thèmes de la surdité, des conflits familiaux, du deuil et de l'amitié. Une fresque envoutante ! On plonge dans les vestiges du passé, fouillant la mémoire du temps avec merveille.
Auteur :Lucile Tallon
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