11 décembre 2019
Archives Critiques

Le Pharmacien de Garde : Le talent n’a rien de génétique

Vous avez aimé les sous-Seven américains et les faux films de genre français ? Bonne nouvelle pour vous, voici venir la parfaite synthèse de ces deux tendances !

"Le pharmacien de garde", donc, c'est Vincent Perez, plus absent que jamais face à un Guillaume Depardieu qui rame sec pour retrouver la grâce de son jeu de paumé des Apprentis de savoureuse mémoire. Il faut dire qu'ils ne sont aidés ni par le scénario, ni par la mise en scène.

L'histoire effective du film, cousue de fil blanc, tient sur un demi-timbre (et n'en vaut pas le quart). Mais justement ce qu'il y a ici de plus involontairement rigolo, c¹est le remplissage.

Car la majeure partie de ce Pharmacien est constituée d'une série de séquences sans aucune justification, ni enjeu, ni écho (pour ceux qui l'auront vu, donc pour pas grand monde j'espère, je pense notamment à l'attaque dans les sous-sols, au réveil du collègue de Depardieu, l'auto-injection grimaçante sur fauteuil sanglé, et j'en passe.

Si quelqu'un a compris l'intérêt de ces scènes, qu'il me réponde par le biais de la messagerie, il a au moins gagné toute ma compassion.

Tout ou presque ici sonne faux, de l'utilisation de faits d'actualité à la tentative de faire frissonner (noble tâche qui ne tolère pas l'inconsistance) en passant par les sentiments, riches et ambigus voudrait-on nous faire croire, qui unissent les deux protagonistes. Seul Pascal Légitimus, inconnu étonnamment juste en travesti meurtri par la solitude, tire son épingle du jeu.

Mais le reste du casting (Laurent Gamelon, notamment) contribue à nous faire penser à une comédie poussive alors que le propos ne cesse de tenter vainement de nous convaincre que cette même pas série Z est un thriller noir à message qui élabore sa propre mythologie (à base de druides).

Bon, mention spéciale quand même à quelques fous rires grâce à une attaque de coccinelles et une défenestration que ne renierait pas Batman. Partout ailleurs, ce n'est qu'ennui (à peine) digne d'un mauvais téléfilm.

Toute cette inanité est filmée à la va-comme-j'te-pousse par un "fils de" qui ferait mieux de se poser deux ou trois questions essentielles : qu'est-ce que je filme ? Pourquoi je filme ? Qu'ai-je à dire ? Ou plus simplement d'apprendre que le talent n'a rien de génétique.

Auteur :Rémi Boîteux
Tous nos contenus sur "Le Pharmacien de Garde" Toutes les critiques de "Rémi Boîteux"

ça peut vous interesser

Rupert Everett dans la peau d’Oscar Wilde

Rédaction

Lukas : Quoi ma gueule, qu’est-ce qu’elle a ma gueule ?!

Rédaction

Lukas : Van Damme est grand !

Rédaction