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Le Pornographe : Ennuyeux !

Le cinéma français a deux travers : l'un est de vouloir ressembler au cinéma américain, et cela donne souvent lieu à des films bâclés, intéressants mais seulement en partie, et le second, c'est de s'enfermer dans un cinéma creux, qui se qualifie lui- même, de cinéma d'auteur, mais qui n'est trop souvent destiné à nul autre spectateur que le réalisateur lui-même. Le pornographe s'inscrit très nettement dans la deuxième catégorie, accumulant sur de bonnes intentions des travers trop frappants pour être ignorés.

Jean-Pierre Léaud y incarne un cinquantenaire en crise. Par rapport à son fils Joseph qui l'a quitté en apprenant son métier et par rapport à sa femme vis-à-vis de laquelle il a besoin de prendre du recul depuis qu'il a repris ses anciennes activités. Parce que le travail de Jacques Laurent n'est pas banal. Dans les années 70, il a réalisé de nombreux films pornographiques et se trouve contraint de s'y remettre pour des raisons purement financières. Il s'y replonge avec l'espoir de pouvoir faire transparaître "un peu de beau au bout du film", mais parasité par un producteur rêvant de rentabilité, il est vite contraint à abdiquer toute velléité de création personnelle.

Dans deux scènes, deus seules et uniques scènes on perçoit ce qu'aurait pu être ce film : une scène de tournage et une interview. Le reste du long métrage de Bruno Bonello se perd en plans fastidieux et autres grandes sentences assenées avec beaucoup de concentration désinvolte par un Jean-Pierre Léaud convaincant, mais dont le talent est largement "dilapidé" par le réalisateur.

On sent bien ou le cinéaste veut nous mener mais il s'arrête toujours en chemin, distrait par un procédé emprunté et trop factice pour toucher le spectateur. Ce n'est pas que "Le pornographe" soit mauvais, il est juste ennuyeux.

Auteur :Guillaume Branquart
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