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Le Prestige : Y a un truc !

Après le thriller à rebours Memento, le remake "Insomnia" et le retour réussi d'un "Batman" rajeuni, Christopher Nolan s'est penché, avec "Le Prestige", sur une nouvelle de Christopher Priest pour retracer le parcours de Alfred Broden et Rupert Angier, deux prestidigitateurs prêts à toutes les manœuvres pour gravir les marches du succès dans l'Angleterre du XIXème siècle.

Rares sont les films qui évoquent les magiciens, ces virtuoses de la scène, sauf peut-être la biographie d'Harry Houdini avec Tony Curtis en 1953. Le réalisateur s'est donc aventuré sur un terrain quasiment inexploré en choisissant de faire découvrir les coulisses de la magie sans pour autant en dévoiler tous ses secrets.

Au travers de cette rivalité qui mène à l'obsession et la convoitise, ce récit intimiste se veut une parabole sur l'ambition qui s'enrichit d'une relecture du mythe faustien dans une dernière partie renouvelant le schéma classique du coup de théâtre.

L'auteur s'ingénie à construire un scénario astucieux dont certains rouages ne sont pas sans rappeler ceux de "Following", son premier long métrage expérimental qui traitait de l'art de la manipulation. En plus d'être un conteur, Nolan prouve qu'il sait installer une ambiance particulière.

La mise en scène raffinée soulignée par une photographie appliquée et le découpage narratif (allers-retours passé présent) concourent grandement à amplifier la tension à mesure que l'intrigue progresse.

Les comédiens sont également en phase avec leurs personnages certes nuancés mais dont les actes sont dictés par la vanité. Hugh Jackman s'illustre avec charisme dans la peau de ce mystificateur animé par l'esprit de vengeance.

Quant à son concurrent, Christian Bale n'en finit pas de démontrer l'éclectisme de son répertoire. Ils sont entourés par l'excellent Michael Caine personnifiant une certaine sagesse, David Bowie apportant sa part de mystère et la ravissante Scarlett Johansson qui se contente ici d'un rôle de faire-valoir.

L'atout du "Prestige" repose sur sa capacité à vouloir bluffer le spectateur et à ne pas faire mentir le célèbre adage sur les apparences. Illusionniste de l'écran, le cinéaste entretient savamment le suspense et réussit un brillant tour de passe-passe. Et l'on se dit qu'il y a forcément un truc.


Publiée avec l'aimable autorisation de la rédaction des Héros de l'Ecran 

Auteur :Fabien Rousseau
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