18 juillet 2019
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Le Seigneur des Anneaux : La Communauté de l’Anneau : mieux vaut le livre

Depuis l'annonce de l'adaptation par Peter Jackson de l'oeuvre de J.R.R. Tolkien, "Le Seigneur des Anneaux : La Communauté de l'Anneau", le monde des fans, puis celui des profanes, s'est mis à bruire de rumeurs. Le chef d'oeuvre de l'auteur anglais, le livre qui a jeté les bases de tout le fantastique moderne allait prendre vie sur les écrans du monde entier.

Une telle attente ne pouvait qu'être déçue. Mais c'est là le lot de la plupart des attentes et cette déception n'est que relative. Les plus surpris resteront sans doute ceux qui découvriront l'oeuvre avec le film.

Pour ceux là, nourris, gavés, inondés de fantastique et de science-fiction dans le cinéma et la littérature, "Le Seigneur des Anneaux : La Communauté de l'Anneau" ne restera sans doute qu'un beau film de plus, contenant son lot de sorciers maléfiques, de guerriers courageux et d'aventures plus grandes que nature.

Un film, un cran supérieur à ses prédécesseurs, tant les efforts pour donner vie aux images fortes du monde de Tolkien ont été conséquents, (Peter Jackson s'est d'ailleurs entouré des illustrateurs Alan Lee et John Howe pour ne pas froisser les grands amoureux de la Terre du Milieu), mais un film fantastique de plus.

La faute à Lucas, Spielberg et consorts qui ont si bien su puiser chez Tolkien les ferments de leurs propres oeuvres. Car l'amateur de Tolkien le sait bien, les choses sont inversées : c'est bel et bien du Seigneur des Anneaux que tout est parti. Pourtant, farouches gardiens du temple, ces derniers trouveront aussi quelques défauts au film de Peter Jackson.

Adapter une oeuvre aussi dense demandait des aménagements et forcément, les raccourcis ne manquent pas pour qui connaît Tolkien sur le bout des doigts : Tom Bombadil, personnage important est passé à la trappe, l'histoire de la perte de l'Anneau, la bataille des Champs d'Iris et des Ages précédents est résumée en flash-backs "adaptés" et des personnages se retrouvent investis de rôles plus importants (Arwen, entre autres, pour donner plus de corps aux rôles féminins).

Mais qu'importe ! Ils sont enfin tous vivants ! Si leur image n'est peut être pas celle que s'en était faite des millions de lecteurs à travers le monde, les personnages gagnent une nouvelle vie et l'histoire un nouvau support. Mention spéciale aux beaux elfes immortels, création préférée de Tolkien, Orlando Bloom (Legolas) et Cate Blanchett (Galadriel) dont le film rend toute la prestance et l'antique sagesse.

Pour le reste, le charisme des personnages - bons comme moins bons - est indéniable mais prête parfois à une simplification trop réductrice et manichéenne loin de l'esprit de l'auteur anglais (Christopher Lee/Saroumane notamment).

Côté histoire (pour les novices), le maléfique Sauron apprend que son Anneau de pouvoir est entre les mains d'un hobbit et envoie ses neuf terribles Cavaliers Noirs à sa recherche. Pour protéger la Terre du Milieu de ce Mal ancien, l'Anneau devra être détruit dans le volcan où il fût forgé.

Ce sera le rôle de Frodo son porteur, secondé par les huit membres de la Communauté représentant les peuples libres et dirigée par Gandalf le Gris.

D'abord lent, le film (usant beaucoup de la voix off) présente les personnages avant de les lancer à l'assaut du Caradhras, dans les sombres couloirs de la Moria ou les magnifiques bois de la Lorien.

Il faut espérer qu'au-delà du film, les spectateurs auront l'intelligence de se tourner ensuite vers le livre (autrement plus riche et plus beau) pour prolonger leur voyage.

Et puis, avant que les autres, les pointilleux, les grincheux ou les jaloux ne crient à l'imposture ou la trahison, attendons 2003 pour juger de la qualité de l'ensemble de l'adaptation.

Au-delà d'une épopée, "Le Seigneur des Anneaux : La Communauté de l'Anneau"  reste la chronique de la fin d'un monde, une fin pressentie par les peuples elfes de jadis, devinée par le nain Gimli et l'homme Aragorn, le déclin d'un monde que la magie va quitter pour laisser la place aux peuples des hommes. Tâchons, en dépit du mercantilisme ambiant qui entoure la chose, de faire vivre cette magie encore un peu…

Auteur :Guillaume Branquart

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