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Le Terminal : Le terminal de l’espoir

Un ressortissant iranien, confronté aux caprices de l'administration française, reste bloqué dans un aéroport et décide d'y prendre résidence. C'est de ce célèbre fait divers qu'Andrew Niccol, scénariste du "Truman Show", a tiré l'argument principal du nouveau film de Steven Spielberg.

"Le Terminal" est donc l'histoire d'un européen de l'Est qui, arrivé à l'aéroport JFK de New York, se voit interdire l'accès au sol américain pour raisons diplomatiques. Seul au monde, noyé dans une foule avec qui il ne peut communiquer, Victor Navorski, citoyen de nulle part devenu indésirable, va errer dans le terminal de l'aéroport et finir par en devenir un habitant à part entière.

Comme le précise Spielberg, l'aéroport ne fut pas seulement le lieu privilégié de cette histoire hors du commun. Ce fut aussi le lieu idéal pour reconstituer une Amérique miniature. Monde à part, condensé d'humanité, le terminal représente aux yeux du réalisateur l'endroit par excellence où le mixage des peuples et des cultures devient possible. Autrement dit, un lieu d'échange unique qui, paradoxalement, pâtit de grandes incompréhensions, d'absurdités administratives, et autres incongruités dénigrant l'homme.

Si l'on peut reprocher à Spielberg un manque de piquant pour un sujet aussi sensible, on se réjouit à l'inverse de la légèreté qu'il lui insuffle. Avec la même verve de sa dernière comédie "Arrête-moi si tu peux" (qui empruntait déjà les halls d'aéroports), Spielberg nous régale d'une vision résolument optimiste, pleine d'espoir. Une réelle euphorie émane alors de ce qu'on pourrait nommer une comédie quasi dramatique. Une comédie qui vire même par moments à la comédie romantique et qui souffre d'une dernière demi-heure moins excitante, victime du rythme endiablé jusqu'alors ressenti.

Il n'empêche, les scènes de comédie sont franchement réussies, grâce notamment à Stanley Tucci, Catherine Zeta-Jones et bien sûr Monsieur Tom Hanks, formidable en citoyen de l'imaginaire Krakozie. Flanqué d'un sévère accent, Tom Hanks déploie son talent et son inventivité pour créer un personnage totalement esseulé et pourtant si lumineux, qui parvient à communiquer sa vitalité aux « habitants » de sa nouvelle « demeure ».

Si ce n'est le "Truman show", avec qui "Le Terminal" partage la philosophie de l'ouverture et de la découverte, c'est bien un « Tom Hanks show » qui s'étale devant nos yeux. Grâce à lui, Spielberg, visiblement très à l'aise dans la comédie, explore ainsi l'aventure intime et folle de ce personnage innocent et bon. Un personnage loin d'être niais qui porte un regard aiguisé sur le monde qui l'entoure. Sans se plaindre, malgré les difficultés : l'espoir même.

Auteur :Alessandro Di Giuseppe
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