29 novembre 2021
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Le Transporteur II : Pour Jason

Entre deux films où l'on peut véritablement juger de son jeu d'acteur ("Snatch", "Braquage à l'italienne") –somme toute appréciable- Jason Statham est aussi un habile distributeur de pains. Une version plus classe que Jean Claude Van Damme, car visiblement habillé chez Armani, et un athlète complet au jambes létales rappelant le bon vieux Chuck, le chapeau texan et la moustache en moins (un barbe de quelques jours tout de même).

"Le Transporteur II" ou un film pour payer les impôts, diront les mauvaises langues, et au vu de la portée cinématographique de cette suite, cela semble probable, quoi qu'un peu hors contexte (voir la filmographie de Jason Statham pour s'en convaincre). Révélé dans "Arnaques, Crimes et Botanique", on se demande bien ce qui peut pousser un acteur au flegme certain à s'adonner par deux fois à ce petit jeu consistant à imprimer systématiquement sa semelle sur le visage des adversaires. Réponse simple: un talent certain pour ce genre d'activité sportive (Full Contact, Close Combat et Aikido pour son style). Impossible donc de refuser une franchise à son nom, et papa Luc Besson y veille via Europa Corp.

Jason Statham rempile rapidement pour cette suite qui prend Miami comme toile de fond (contre la côte méditerranéenne pour le premier film), et Frank Martin, son personnage, est désormais super-nanny pour gosse de riche et non plus mercenaire (comme quoi la reconversion ça paie bien). C'est sans compter sur les méchants du coin qui on choisi de transformer le bambin en diffuseur d'ambiance pour parfum ébola afin de tuer richissime  père (Matthew Modine, transparent) et ses gentils actionnaires. Il ne faudra donc qu'un petit quart d'heure à Frank Martin pour s'énerver un bon coup (l'intro reste une démonstration sobre de son savoir faire), d'autant plus qu'une flingueuse rachitique visiblement incapable de porter plus de 20 cm² de vêtements le choisit comme carton de tir (la vénéneuse Kate Nauta, pour les amateurs de belles donzelles qui chercheraient encore son nom).

Cascades impossibles où la gravité se biaise via les images numériques (assez moches), scénario binaire, poursuites, l'action-movie resplendit de tout son long, grâce entre autres à Cory Yuen –incontournable spécialiste et chorégraphe hong-kongais- qui rend les phases de combat suffisamment spectaculaires pour oublier le reste (voir la scène dans le hangar à bateaux, une belle performance). Besson, lui, pose sa patte en tant que producteur aux côtés de TF1 et Canal Plus, on retrouvera donc une voiture cool : la fameuse Audi A8, fortement « tunée » (digicode, munitions, compartiment pour costume, James Bond à de la concurrence) au centre de toutes les scènes urbaines et même de la morale (« respecte la voiture de l'homme si tu veux que l'homme te respecte »… non, ne riez pas !), une incompétence policière certaine, hormis pour la cuisine (merci François Berléant), une pléiade de gros méchants bien musclés avec à leur tête un chef qui parle beaucoup (Alessandro Gassman, fils de Vittorio, qui tente de percer), et ainsi de suite. Louis Leterrier au commandes, les cadrages sont correctement imposés, mais loin d'égaler la limpidité de ceux de "Danny The Dog".

L'agilité de Jason Statham combinée à la mise en scène dynamique qui optimise les éléments du décor pour les transformer en armes potentielles (lance à incendie, pots de peinture, civières…), fait que l'on reste content d'en avoir pris plein la figure, fort heureusement au sens figuré. On regrette juste le manque de conviction dans la scène finale, et la version française qui fait ressortir la faiblesse des dialogues, mais on se rassure de voir que Van Damme a peut être trouvé un successeur de taille.  

PS : pour ceux qui douteraient encore des goûts de Luc Besson en matière de production, considérez le comme un ardent défenseur des transports en tous genres (afin d'apprécier): le métro ("Subway"), le taxi ("Le 5ème Elément", "Taxi"), et la grosse cylindrée ("Banlieue 13", "Le Transporteur").

Auteur :Julien Leconte

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