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Le Vélo de Ghislain Lambert : En selle !

Dans l'arrière-pays belge des années 70, Ghislain Lambert vit de petits boulots et d'amour du vélo, partageant son temps entre la surveillance de la piscine municipal et son téléviseur qui retransmet les exploits du champion de l'époque : Eddy Merckx. Repéré par le directeur sportif d'une équipe locale, il finit par faire son entrée dans le prestigieux univers de la course cycliste.

En fait de prestige, il va surtout commencer par pédaler pour les autres, sous la houlette de Riccardo, chargé d'expliquer au nouveau venu, les subtilités de la course cycliste. Des "subtilités" qui tiennent dans des seringues et qui sont détectables par une analyse d'urine. Grandes batailles, petites victoires, grandes campagnes, Ghislain Lambert vivra tout cela et même davantage au cours d'une carrière chaotique sous la houlette d'un frère pas forcément toujours sur la même longueur d'onde que lui.

Complices depuis leur travail commun sur le film "Les randonneurs", Philippe Harel et Benoît Poelvoorde se retrouvent pour évoquer un univers qu'ils ne connaissait guère. Autour de souvenirs marquants et d'idées personnelles, l'un et l'autre signent une tragi-comédie réussie en même temps qu'un étonnant documentaire sur les coulisses du cyclisme. Tout y est, depuis les costumes jusqu'au matériel en passant par les anecdotes et les journalistes de l'époque, l'équipe du film replonge le spectateur dans la grand époque de Merckx et de ses concurrents.

Harel laisse traîner ses caméras dans les coulisses des courses évoquant sur un ton doux-amer des situations parfois franchement dramatiques. C'est en cela que le choix de Benoît Poelvoorde pour donner corps à Lambert s'avère être un choix judicieux. Porté par une "belgitude" qui sied très bien à l'ambiance et au personnage, ce faux comique mais vrai tragique tient davantage du clown triste que du bouffon. Né en pleine affaire Festina, le film s'en ressent forcément, le cyclisme n'est pas que l'univers héroïque fait de courage et de dépassement de soi, il est aussi un monde de petites mesquineries et de gros sous…

Pour être un profane complet vis-à-vis du grand monde du vélo, Philippe Harel - bien entouré - n'en a pas moins réussi à recréer de façon troublante l'univers des courses cyclistes des années 70, cette ambiance participe à la qualité de l'ensemble tout comme les prouesses de l'équipe d'acteurs lorsqu'il s'agit de pédaler. Une équipe qui n'a d'ailleurs pas hésité à s'entraîner deux mois durant pour apporter une vraie crédibilité à leurs performances.

Comédie avant tout, "Le vélo de Ghislain Lambert" ne suit pas jusqu'au bout les voies qu'il explore. On peut le regretter d'autant que certaines méritaient de l'être vraiment. Harel et Poelvoorde affirment avoir accouché "d'une célébration", plutôt que "d'un hommage". Une célébration réussie animée par un joyeux trublion qui amènera peut le grand public à s'intéresser à ce sport.
Auteur :Guillaume Branquart
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