Critiques

Le Voyage du Dr. Dolittle : L’arche de Downey

Par Auxence Magerand


Vétérinaire fantasque au cœur brisé, Dr. Dolittle (Robert Downey Jr.) vit reclus dans un manoir victorien, et a pris pour habitude de jouer aux échecs face à un gorille, avec des souris en guise de pions. Il rencontre par hasard Stubbins (Harry Colett), garçon fasciné par son don de communication animale, et Lady Rose (Carmel Laniado), fille de la Reine d’Angleterre (Jessie Buckley) qui l’implore de sauver cette dernière d’une mort certaine, ce qui entrainerait la fermeture de la propriété Dolittle.

Avait-on réellement besoin d’un film tel "Le Voyage du Dr. Dolittle" ? Pour incarner le docteur qui murmurait à l’oreille des autruches, Robert Downey Jr. s’investit au minimum en décalquant honteusement ses mimiques sur la performance de Johnny Depp dans la saga "Pirates des Caraïbes". La moitié du film consiste d’ailleurs en un voyage en mer avec tout un zoo, ce qui souligne bien la paresse d’imagination scénaristique.

Hormis une jolie introduction en animation 2D, et une parodie du "Parrain" avec des mouches siciliennes, l’histoire est aussi fouillis que prévisible. Le rythme frénétique auquel s’enchaîne les scènes, en pilote automatique, finira par blaser les adultes. "Le Voyage du Dr. Dolittle" cherche continuellement le rire facile, à grands renforts de blagues anatomique – allant d’un tigre mis KO par un coup dans l’entrejambe à un dragon en proie à une occlusion intestinale. Pourquoi un dragon dans un film d’animaux ? Personne ne le sait.

photo-le-voyage-du-dr-dolittle
Harry Collett et Robert Downey Jr - Copyright 2019 Universal Pictures

La pauvreté des deux rôles féminins est par ailleurs pénible – l’une demeure mourante et muette, l’autre reste à son chevet pour la soigner sans prendre part à l’expédition. Perpétuer de tels stéréotypes domestiques dans un film contemporain à destination des enfants n’était certainement pas une bonne idée. En ajoutant à cela l’usage permanent et abrutissant de la musique de Danny Elfman à l’écran, cette débauche de moyens paraît effarante.

Enfin, à ceux qui me rétorqueront « Evidemment ça ne vole pas haut, c’est pour les enfants ! » : soyez plus exigeants avec vos gosses, ils vous le rendront bien.

ça peut vous interesser

Prix Louis Delluc pour Jeanne

Rédaction

Proxima : Vertige du néant

Rédaction

Chanson Douce : La mélodie du thriller

Rédaction