25 octobre 2020
Critiques

Les Apparences : Sont trompeuses !

Par Jérémy Joly


Marc Fitoussi réalise son premier long-métrage en 2007, "La Vie d'artiste" où il réunit Sandrine Kiberlain, Émilie Dequenne et Denis Podalydès. Viendront ensuite "Copacabana", "Pauline Détective", "La Ritournelle", "Maman a tort" ou plus récemment le segment "Le Troll" du film à sketches "Selfie". Il revient au cinéma avec "Les Apparences" (distribué par SND), une adaptation libre du roman suédois "Trahie" de Karin Alvtegen.

À Vienne, nous suivons le quotidien d'un couple, Henri et Ève, parents d'un petit Malo. Lui est chef d'orchestre à l'Opéra tandis qu'elle travaille à l'Institut français. Ce couple est dans une phase difficile. Leur amour, consommé depuis plusieurs années, a laissé place à la routine. Derrière la célébrité d'Henri se cache une vie plate. Ève, se sentant délaissée, a des doutes sur la fidélité d'Henri, mais n'a aucune preuve. Alors que fait une femme qui soupçonne son mari de la tromper ? Elle fouille son portable, bien sûr ! Elle trouve des mails compromettants, envoyés par l'institutrice de leur fils.

"Les Apparences" est vendu comme un thriller. D'ailleurs, par son côté critique de la bourgeoisie, le film fait penser au cinéma chabrolien. La courte scène d'une interview avec une journaliste est percutante. Alors qu'Ève sourit, disant qu'elle est heureuse d'être l'épouse du réputé chef d'orchestre, elle reçoit un SMS où elle apprend que son mari rentrera tard, à cause du travail. Ce personnage veut sauver les apparences, même lors d'un dîner avec des amis où elle se force à montrer un amour qui n'existe plus. Mais, pour un thriller, "Les Apparences" manque terriblement de tension. Les ficelles scénaristiques sont visibles. Les scènes s'enchaînent avec beaucoup de calme. Une certaine noirceur manque dans l'histoire, pourtant attendue avec une photographie sublimement sombre et une bande originale angoissante.

Le film se concentre sur la vie d'une femme qui veut sauver les apparences après la découverte d'une trahison dans son couple. Elle va passer par plusieurs étapes : tenter de le tromper avec un jeune homme, essayer de reconquérir son mari ou encore l'éloigner de sa maîtresse, sans jamais dévoiler qu'elle sait tout. "Les Apparences" critique également les nouvelles technologies qui deviennent des instruments de surveillance mais également de manipulation capables de détruire une vie.

Malgré un casting original, les personnages manquent cruellement de caractère. Karin Viard arrive cependant à rester éblouissante. Que ce soit en comédie ou dans des films qui abordent des sujets plus sérieux, voire graves, elle parvient toujours à étonner et à séduire. Face à elle, Benjamin Biolay n'apporte aucune émotion. Lorsque son personnage doit sourire, il se force à le faire, ce n'est pas naturel. Son jeu d'acteur est identique quelque soit le personnage confié. Heureusement, dans ce film, il ne prononce que peu de répliques, lui donnant un côté mystérieux intéressant mais permettant aussi de limiter les dégâts. Sa voix, sûrement agréable à écouter dans ses chansons, est insupportable lorsqu'il joue, utilisant toujours le même ton. Son charisme évident ne suffit pas à faire de lui un bon acteur. "Les Apparences" permet de retrouver Evelyne Buyle, merveilleuse dans le rôle d'une femme dont on n'arrive plus à s’extirper lorsqu'elle engage une conversation avec vous ou encore Pascale Arbillot qui joue une amie du couple. Notons aussi la belle interprétation de Lætitia Dosch dans le rôle de la maîtresse.

En allant au cinéma découvrir "Les Apparences", ne vous attendez pas à voir un thriller, vous risqueriez d'être déçus car... les apparences sont trompeuses ! Ce film se rapproche beaucoup plus d'un drame finalement.


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