21 juillet 2019
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Les Chevaliers du Ciel : Critique n° 1

Les têtes cramées.    

Loin de la série qui fit les beaux jours du PAF à l'ancienne, lorsque la télé donnait davantage dans l'aventure ailée que dans les commissariats au doux parfum de formol, le film de Gérard Pirès (oui, celui de « Taxi ») sur les aventure d'un nouveaux tandem de héros voltigeurs (Marchelli/Vallois au lieu de Tanguy/Laverdure) se poserai presque en précurseur du genre au niveau français. « Presque » car plutôt que de considérer « Les Chevaliers du Ciel » comme étant le premier film français d'action/voltige avec des beaux navions façon « Top Gun » pour le meilleur, « Aigle de Fer » pour le moins bien, et « Furtif » pour le pire, restons réaliste et rappelons nous la grande capacité qu'ont nos réalisateurs à massacrer les BDs francophones (non, je ne citerai pas « Michel Vaillant »).  

Passer du bitume marseillais à l'espace aérien n'est pas chose aisée en terme de réalisation, c'est pourtant là que Gérard Pirès est le plus à l'aise et fait preuve d'une certaine adresse, primo en évitant le recours aux images de synthèse et plaçant fréquemment ses caméras dans les cockpits, secundo en respectant à la lettre la dynamique et les possibilités de chaque type d'avion qui nous est présenté dans les phases de combat. Le passionné d'aviation filme un fantasme, en quelque sorte, embarquant ses acteurs dans de formidables ballets aériens pour un maximum de réalisme. Un bon point. Mais là où il faut sortir le fouet, c'est lorsqu'on regarde tout le reste : un scénario bâclé et pourtant prometteur (plus espionnage qu'action), des clichés comme s'il en pleuvait, et des personnages aussi subtils que : la méchante blonde, la brune chaudasse, le méchant au gros accent bavarois/russe/américain/arabe (toutes les populations y trouveront leur compte), et des emprunts flagrants à Supercopter (la fameuse organisation « FIRM », ici rebaptisée « EMS »).  

Je passe sur les dialogues navrants dont Clovis Cornillac est constamment affublé, faisant de le stéréotype parfait du pilote prétentieux, gueulard et prompt aux vannes sous la ceinture, et la prestation de Benoît Magimel visiblement à l'étroit dans son uniforme. Alice Taglioni est jolie, est là pour le montrer, tout comme son ailier Fiona Curzon, mais elle a au moins la descence de ne pas frotter son popotin pendant 5 minutes sur les ailes d'un Corsair de la seconde guerre mondiale dans une scène honteusement racoleuse (c'est Pappy Boyington qui doit s'en retourner dans sa tombe).  

L'intro du film donne le ton, car filmée exactement comme celle de « Fast and Furious » (images de synthèses), autant dire que le reste suit…

Vous voilà prévenus !

Auteur :Julien Leconte
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