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Les Choristes : Fait avec le coeur

Les choristes, ce sont les élèves du Fond de l'étang, centre de rééducation pour mineurs. Nous sommes en 1949. Rien à voir avec la délinquance actuelle, et pourtant, la solution est la même, et elle s'appelle répression. Pas très gai, comme programme. Or, la musique adoucit les mœurs qui, dans cet institut éloigné de tout, sont particulièrement rudes.

Si l'on en croit les sages formules, des enfants réticents et difficiles + une matière originale enseignée par un bon professeur = des chances pour les enfants de s'épanouir un tant soit peu. Tout bon mathématicien sait cela. C'est en tout cas ce que compte faire comprendre le nouveau pion, Clément Mathieu (Gérard Jugnot), artiste musicien à ses heures, au directeur Rachin (François Berléand).

C'est à travers les souvenirs d'un grand chef d'orchestre, interprété par Jacques Perrin, que le Fond de l'étang reprend vie, en musique. Les choristes est en effet une évocation émouvante d'une période qu'il avait oubliée et qui pourtant a représenté pour lui un moment clé. Un moment clé qui représente en quelque sorte la clef de la partition, et pas n'importe laquelle, la partition de sa vie. Les souvenirs enfantins, que nous partageons d'une manière ou d'une autre, remontent à la surface, au détour d'une phrase repêchée dans le carnet intime de Clément Mathieu. Peu à peu, ce chef d'orchestre découvre l'importance de cet homme oublié, de ce poète disparu.

Gérard Jugnot n'est pas Whoopi Goldberg, et même si l'internat ressemble à un couvent, le gospel fait place ici aux harmonies de ce compositeur amateur. Dans la réalité, les chansons ont été créées par Bruno Coulais et Christophe Barratier, avec le souci de composer des œuvres modestes, qui puissent être composées par un amateur, mais néanmoins harmonieuses et belles à l'oreille. C'est la grande force de ce film que d'allier la douce comédie, la sourde tragédie et un discours humain sous l'aile de la musique. Christophe Barratier, dont c'est le premier long métrage, étant lui-même un musicien accompli.

La grâce musicale et celle naturelle des enfants traverse donc Les choristes qui trouve véritablement son « cœur » dans le personnage de Clément Mathieu. Habitué au rôle de français moyen, tantôt héros discret tantôt raclure qui se découvre un cœur, Gérard Jugnot apporte sa débordante humanité. Comme souvent, comme par exemple dans Scout toujours, Jugnot, sans forcer, rend attachant ses personnages de perdants qui, de par l'influence qu'ils ont pu exercer sur la vie des autres, n'ont pas tout à fait tout perdu.

La mise en scène demeure, certes, conventionnelle mais comme le dit Gérard Jugnot, ces films de chœur et de cœur, « eh bien, cela fait du bien par où ça passe ».
Auteur :Alessandro Di Giuseppe
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