Critiques

Les Choses humaines : L’art de l’équilibre

Par Tom Sformes


Pour son nouveau film, "Les Choses humaines", Yvan Attal propose une adaptation du livre éponyme écrit par Karine Tuil. Une histoire ambitieuse pour un résultat plus que convaincant. Grâce, notamment, au talent du réalisateur et de son fils. "Les Choses humaines", c’est familial chez les Attal.

Il faut savoir entrer dans un long-métrage. "Les Choses humaines" livre, dès son début, beaucoup d’informations. Grâce à un rythme lent, choisi par Yvan Attal, le spectateur assimile facilement le contexte général, la situation des personnages et leurs principaux traits de caractère. L’alchimie entre ce rythme et le nombre conséquent d’informations permet d’accrocher avec aisance à l’histoire et aux personnages. À l’inverse, le tempo de sa nouvelle réalisation s’accélère lorsque l’on suit des situations plus tendues. Aussi Yvan Attal trouve-t-il l'équilibre idoine qui nous tient concentré et concerné jusqu’au bout.

"Les Choses humaines" retrace l’histoire d’Alexandre accusé de viol par Mila, la fille du compagnon de sa mère. Alexandre est le fils de deux personnalités : Jean Farel, un visage de la télévision française et Claire Farel, une essayiste féministe. Mila, elle, est une jeune fille issue d’une famille juive d’un milieu populaire. Leurs deux versions s’opposent, les situations familiales et personnelles rendent cette affaire encore plus complexe...

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"Les Choses humaines" est porté par un jeune casting. Ben Attal, le fils du réalisateur et Suzanne Jouanet. Tous deux incarnent respectivement Alexandre et Mila. La justesse d’interprétation du duo permet de faire ressortir la personnalité et l’état d’esprit dans lesquels tous deux sont plongés. Dans les scènes où Alexandre est confronté aux policiers, son incompréhension est palpable. De même pour Mila lorsqu’elle dépose plainte. Une scène particulière portée par le talent de l’actrice.

Au sujet des deux personnages, le réalisateur déclare avoir voulu apporter de la nuance. Pour mettre le spectateur à la place du jury : "pour le garçon, j’avais envie de souligner l’aspect touchant de sa personnalité, malgré la violence de ce dont on l’accuse. Concernant la fille, même si on ressent une immédiate empathie pour elle, je voulais instiller une once de doute sur son témoignage. Pas pour la rendre antipathique, c’était hors de question, mais pour mettre en lumière la difficulté de juger quand c’est le cas."

Grâce aux jeux des acteurs et au scénario, Yvan Attal nous plonge dans le doute constant. Il aura su retranscrire une situation complexe et tenir le spectateur à la place d’un juré jusqu’à la fin du film. "Les Choses humaines" fait nécessairement écho a une actualité relayée dans les médias. Un sujet plus que délicat traité de façon très personnelle par Yvan Attal.

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