22 septembre 2020
Critiques

Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait : Sous le charme ?

Par Jérémy Joly


En tant que réalisateur, Emmanuel Mouret est connu pour des films qui abordent le plus souvent le thème de l'amour et proposent différentes visions du couple. Il a réalisé par exemple "Laissons Lucie faire !", "Vénus et Fleur", "Changement d'adresse", "Un baiser, s'il vous plaît !", "Fais-moi plaisir !" et "L'Art d'aimer", principalement des comédies romantiques. Son dernier long-métrage, "Mademoiselle de Joncquières", sorti en 2018, était une adaptation de l’œuvre de Diderot. Cette-fois, le label Sélection officielle du Festival de Cannes 2020 est présent sur l'affiche de son nouveau film : "Les Choses qu'on dit, les choses qu'on fait".


Tout commence par la rencontre entre Daphné (Camélia Jordana) et Maxime (Niels Schneider). Ce dernier est le cousin du compagnon de Daphné, François, absent car occupé par son travail. Elle se retrouve donc seule, chargée de l'accueillir. Ils font connaissance. Les deux personnages parlent de leurs tourments, qui sont peu passionnants. Par exemple, Maxime est un auteur qui a des difficultés à vaincre le syndrome de la page blanche. Les dialogues, proches de la langue littéraire, sont ennuyeux. Ils décident de se livrer sur leurs histoires d'amour passées et présentes et nous plongeons dans des flash-back.

"Les Choses qu'on dit, les choses qu'on fait" est un film choral qui met en scène de nombreux personnages que le destin va réunir. A travers les différents récits, nous découvrons l'amour sous tous ses angles. Celui qui est espéré mais qui ne naîtra jamais, celui qui pourrait briser une amitié ou celui qui rend malheureux. De l'amour passager à l'amour éternel, les différentes histoires alternent et finissent par se mélanger. Les couples se forment, se séparent et les tromperies sont fréquentes.

Le tout met du temps à devenir passionnant, avec ces histoires d'amour peu intéressantes. Il est inutile d'aller au cinéma pour simplement découvrir ce que la vie nous offre. Il suffit d'ouvrir les yeux dans la rue ou de tendre l'oreille à une personne qui se confie pour entendre les mêmes histoires. La scène où des bobos débattent en vain sur comment devrait être une application de rencontre est à la limite de l'insupportable. Si ce sujet vous passionne, alors "Les Choses qu'on dit, les choses qu'on fait" est fait pour vous. Dans une autre scène, un personnage raconte un épisode passé sur un plan-séquence, sans jamais voir une seule image, cela ressemble à du bavardage et l'ennui est omniprésent.

Vincent Macaigne et Camélia Jordana
Pour autant, je ne vous conseille pas de vous diriger vers la sortie de secours qui se trouve en bas à droite de l'écran. Le film finit par devenir attachant lorsqu'il se concentre sur une seule histoire, où les rebondissements s'enchaînent et l'amour devient bouleversant. "Les Choses qu'on dit, les choses qu'on fait" devient alors captivant ! Emmanuel Mouret nous offre même une scène particulièrement émouvante, qui se passe dans une gare où deux personnages doivent se quitter, sur l'Adagio pour cordes de Samuel Barber. C'est un grand moment de cinéma d'une beauté extraordinaire.

Le casting est composé d'acteurs talentueux. Nous pouvons citer Camélia Jordana (qui avait été remarquable dans "Le Brio"), Niels Schneider, Émilie Dequenne, Guillaume Gouix ou encore Julia Piaton. Mais il y a un acteur qui se démarque du reste de la distribution, c'est Vincent Macaigne. Il est génial dans le rôle de François, un personnage maladroit, d'une sensibilité démodée, qui ne correspond plus à l'amour actuel qui a évolué. Il déclare par exemple dès le premier soir, son amour à une femme qui ne cherchait qu'une relation pansement, donc de courte durée. Il est drôle et touchant à la fois. Vincent Macaigne est toujours juste dans son jeu.

"Les Choses qu'on dit, les choses qu'on fait" peut provoquer un véritable coup de foudre ce qui, comme en amour, est très rare. Ou alors, il faudra laisser le temps nécessaire afin de faire connaissance pour que le charme agisse. Il est aussi possible que ce film n'apporte aucune émotion. Le seul moyen de le savoir est d'aller le découvrir dans les salles obscures...

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