31 octobre 2020
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Les Dalton : Trahison !

"Les Dalton" font de l'ombre à Morris.

S'affichant comme la superproduction humoristique de cette fin d'année, "Les Dalton" de Philippe Haim est une comédie décevante. Fort de leur humour de bas étage, Eric et Ramzy se surpassent pour satisfaire leur fans. Quant aux autres, ils peuvent assurément s'en passer ? C'est sûr !

Au moment de se rendre au cinéma pour aller voir "Les Dalton", on ne s'attendait pas au chef d'oeuvre cinématographique de l'année. Mais, bon an mal an, on se disait que cette comédie gentillette parviendrait peut-être à nous extirper quelques rires - au pire quelques sourires - à l'approche de Noël. Et non ! Après 86 minutes pathétiques, le générique finit littéralement d'achever nos derniers espoirs. "En hommage à Morris et Goscinny ?" La référence s'étale en grosses lettres sur l'écran. Comment peut-on produire ce type de long métrage et s'inscrire dans la lignée des talentueux auteurs de bande dessinée ? On se le demande ?

Avec Eric Judor et Ramzy Bedia en têtes d'affiches (jouant respectivement les rôles de Joe et d'Averell Dalton), la dernière comédie de Philippe Haim nous emmène au Far West. Pour faire plaisir à leur mère, les célèbres bandits décident de s'évader et de dévaliser une banque. Jusque là, tout va bien. L'univers de Morris semble respecté. On retrouve même quelques clins d'oeil sympas à l'oeuvre originelle en filigrane du film. Mais quelques minutes après leur évasion, c'est la stupéfaction. Les Dalton décident de traverser la frontière mexicaine pour dénicher un sombrero magique qui assurera le succès de leur entreprise ! On compte alors sur Lucky Luke (joué par Til Schweiger, un illustre inconnu) pour venir relever le niveau de ce film. C'est peine perdue. Ses trois apparitions arrogantes au possible ne font qu'accroître notre désespoir. Mais dans quel album de Lucky Luke Philippe Haim est-il allé puiser son inspiration pour écrire ce genre de scénario ?

Si une adaptation - cinématographique fut-elle - reste un exercice totalement libre, elle ne doit pas pour autant transgresser les règles qui ont fait le succès de l'oeuvre première. Et c'est sur ce point que le bât blesse avec "Les Dalton". Le reste du film n'est qu'une série de blagues de potache interprétées par la bande d'Eric et Ramzy. Celui-là même qui avait fait le "succès" - ou l'insuccès - de "La Tour Montparnasse infernale". Mais, cette fois-ci, les deux comiques ont emmené quelques uns de leurs amis dans leurs valises. Elie Semoun, le seul acteur véritablement convaincant, dans le rôle du docteur Doxey. Marthe Villalonga dans le rôle de Ma Dalton ou encore Jean Dujardin dans celui d'un cow-boy blagueur pour enfoncer le clou de la bêtise.

Le pire reste peut-être la satisfaction d'Eric et Ramzy à l'issue du film. Lorsque Ramzy explique "qu'il est au maximum de ses capacités comiques" et qu'il ne pourra - avec son comparse - "jamais faire mieux que "Les Dalton", on espère juste que la carrière de comédien de deux comiques ne sera pas aussi longue que celle de Lucky Luke en bande dessinée...

Auteur :Vincent Vantighem
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