22 février 2019
Critiques

Les Fauves : Maladroite initiation

La critique du film Les Fauves

Par Alexa Bouhelier Ruelle



Vincent Mariette change de registre pour son second long-métrage, laissant derrière lui la comédie pour un récit d’initiation et d’évolution plus profond.

C’est appréciable sur un grand écran un bon film d’initiation. Quand chaque pièce du puzzle s’emboite parfaitement. Quand le résultat final montre la dure vérité qu’apprend une jeune personne en pleine puberté.

Cette dernière évolue dans un monde où les adultes n’ont pas toujours raison et où la vie essaie de les faire tomber à chaque opportunité qu’elle a. C’est l’un des schémas parmi les plus efficaces au cinéma pour qui sait bien l'exploiter.

Toutefois, "Les Fauves" de Vincent Mariette se prend les pieds dans le tapis en l'espèce. Mettant en scène une protagoniste pour qui, il est littéralement impossible de ressentir de la sympathie. Lily-Rose Depp n’est pas dans son élément. Elle n’insufflant aucune once de mystère dans le personnage de Laura. Bizarrement, même si le film tourne autour d'elle, Laura est le seul personnage qui ne change tout simplement pas, du début à la fin (excepté peut être pour son monologue de fin). Égale à elle-même.

D’un autre côté, les personnages secondaires (comme ceux de Laurent Laffite et de Camille Cottin) dévoilent des motivations bien particulières qui font sens à la fin. C’est quand même curieux que les personnages secondaires possèdent une évolution dans le récit qui soit plus satisfaisante que celle du personnage principal, non ?

Les premières scènes sont une pâle copie (ou un essai raté) de "Call Me By Your Name". Et, une fois que le thriller psychologique prend place à l’écran, le rythme, lui, s'essouffle. Le spectateur est alors laissé pour compte devant des scènes répétitives où Laura et Paul créent les preuves de l’existence d’une panthère; où Laura se fait interroger par un détective tournant autour du pot; et un retour à Laura et Paul se dévisageant pour savoir si l’un d’entre eux a tué ou non le jeune homme disparu...

Ces trois scènes se succèdent encore et encore. Sans rythme. Si un film brise son élan délibérément, c’est souvent en faveur de personnages plus développés. D'une intrigue plus précise. Tel n'est pas le cas avec "Les Fauves" qui s'avère être simplement lent pour être lent.

Vincent Mariette semble timide dans son approche du thriller. Il laisse son film tomber dans le fossé de l'ennui. A mi-chemin entre film de genre ambitieux et film d'art et d’essai. "Les Fauves" est finalement plus intéressant quand il présente des symboles ambiguës de l’adolescence. Cependant, cela n'est pas suffisant pour le recommander.


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