21 février 2020
Critiques

Les Gardiens de la Galaxie 2 : La critique du film

On a beau se cailler les miches depuis quelques jours en France, l'été vient juste d'arriver dans les salles obscures. En effet, lorsque le dernier long-métrage produit par les studios Marvel déboulera dans les salles outre-Atlantique le premier vendredi de mai, "Les Gardiens De La Galaxie 2" marquera le coup d'envoi de la saison estivale cinématographique.

Comme d'habitude, la France et quasiment tous les autres pays du monde y ont le droit une semaine avant. On pouvait craindre que ne succède à la fraîcheur qui avait fait à juste titre du premier opus l'une des productions les plus appréciées de l'Univers Cinématographique Marvel une suite qui s'échinerait tellement à reproduire ce qui avait plu au départ qu'elle en deviendrait un produit désincarné et répétitif.

"Les Gardiens De La Galaxie 2" parvient tout de même à ne pas succomber à la loi des rendements décroissants et est une oeuvre autonome qui n'essaie à aucun moment de forcer une complicité factice avec le spectateur.

Pas question de jouer la carte du référentiel lourdingue ou en lui donnant comme principale raison d'être le rôle de pierre à un édifice cinématico-industriel pour continuer à faire baver le spectateur en lui agitant sous le nez un prochain épisode bien bandant.

Pas question de lui faire oublier une certaine lassitude qu'il vaudrait mieux combler en lui offrant des objets cinématographiques qui seraient plus préoccupés par leur consistance que par la formule à respecter. James Gunn adopte une approche avant tout centrée sur ses personnages et donne même aux moins approfondis d'entre eux sa propre histoire personnelle.

"Les Gardiens De La Galaxie 2" est sans doute à ce jour le film Marvel Studios qui accorde le plus d'attention aux émotions de ses personnages et aux relations qui peuvent se créer entre eux.

Sous sa direction artistique agréablement chamarrée qui offre une échappée salutaire hors de l'esthétique de parking et de l'urbanisme morne auxquels Hollywood nous habitue depuis plusieurs années dans sa volonté irraisonnée de nourrir l'imaginaire de ses blockbusters du plus de réalisme possible, "Les Gardiens De La Galaxie 2" explore les relations familiales au-delà des interactions entre Peter Quill et son daron fraîchement retrouvé pour insuffler une humanité réelle aussi bien à ses protagonistes qu'à ses seconds couteaux.

Ce sont les questionnements propres à chacun d'entre eux quant à ce qui les lie affectivement à tel individu ou tel groupe qui guident le film sur toute sa durée et ce n'est pas la nouvelle menace à affronter qui en est le principal sujet.

Au contraire, celle-ci ne déclenche pas artificiellement le cheminement psychologique de ses personnages au travers de situations créées pour dire quelque chose sur les personnages car ce sont eux qui jouent un rôle vraiment actif dans un récit qui existe avant tout aussi bien par que pour eux et non l'inverse.

Réalisateur aussi bien que scénariste même si la collaboration avec Nicole Perlman sur le premier opus n'a pas été renouvelée, James Gunn avait déjà laissé filtrer la sensibilité de ses personnages en 2014 et offert à l'Univers Cinématographique Marvel ses deux - courts - moments les plus touchants même si ils s'inscrivaient dans une échelle de valeur qui est propre audit univers qui ne s'était jamais vraiment révélé véritablement émouvant.

C'était vrai jusqu'à aujourd'hui : ça a pris neuf ans et quinze films mais l'Univers Cinématographique Marvel a enfin réussi à foutre les boules à son spectateur avec un épilogue qui sert bien le cœur et un plan final qui marque. C'est d'une bien belle manière que le long-métrage s'achève, en prouvant à quel point il a réussi à nous attacher à des personnages dont la consistance va au-delà de ce à quoi Marvel Studios nous habituait depuis quelques années.

Dommage qu'on retombe dans le rigolo dès le générique de fin avec des gifs déjà tout prêts pour Internet de ses personnages en train de danser et cinq - oui, cinq - scènes d'une légèreté bien malvenue après le déferlement d'émotions venu achever le film.

D'ailleurs, cet enchaînement est très symptomatique de ce qui est problématique dans les productions Marvel Studios : empêcher les ressorts dramatiques de réellement se concrétiser en désamorçant systématiquement la tension avec une pitrerie à la con.

C'est presque invraisemblable de se dire que la sensibilité de "Les Gardiens De La Galaxie 2" n'est pas sabotée par cette manie fâcheuse qui prend la forme de blagues bien trop appuyées pour fonctionner et qui s'effondrent lamentablement alors qu'elles sont déjà d'une facilité époustouflante parce qu'elles sont soit trop appuyées, soit réexpliquées comme si on allait rire quand on ne l'a pas fait la première fois.

"Les Gardiens De La Galaxie 2" est peut-être meilleur que le premier car il a compensé l'évanouissement de la nouveauté par une écriture sensible qui fait la part belle à ses personnages. Dommage qu'il soit gêné par certaines des habituelles aspérités inhérentes au système Marvel Studios pour incontestablement s'élever bien au-delà de ce que le studio peut faire de mieux.

Auteur :Rayane Mezioud
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