21 octobre 2019
Archives Critiques

Les Larmes du Soleil : Déjà vu et ennuyeux

Critique du film Les Larmes du Soleil

par Christophe Dordain

Cela devait être à l'origine un nouvel épisode des aventures de John McClane, dont on finit par se demander si la quatrième aventure longuement annoncée finira par voir le jour, et c'est devenu une production mêlant à la fois film de guerre (guerre ethnique au Nigéria) et drame humain avec un Bruce Willis qui prête ses traits burinés de vieux baroudeur au personnage de A.K. Waters, le chef d'un groupe de marines chargé de rapatrier le docteur Dr. Lena Hendricks (Monica Bellucci) d'un pays africain plongé dans le chaos.

On ne peut qu'être surpris par le fait que Bruce Willis revienne à la figure héroïque qui l'a rendu célèbre après une incursion réussie dans un cinéma plus intimiste. Toutefois, le comédien a pris de l'âge et, à l'instar du sergent Highway du "Maître de guerre" de Clint Eastwood, son personnage a mûri. A. K. Walters ne semble pas invincible, même si le réalisateur Antoine Fuqua a beaucoup de mal à ne pas céder aux séquences de bravoure.

Débarrassé des tics et autres rires moqueurs de John McClane, Willis incarne un héros bien plus laconique, ce qui a eu le don d'irriter certains critiques de la presse spécialisée qui reprochent au comédien d'être tomber dans le piège du monolithisme, on peut les comprendre.

A ses côtés, Monica Bellucci, au sommet de sa forme plastique, mais dotée d'un personnage au profil plus que limité. Les scènes de dialogue de la belle se limitant à quelques cris d'effroi face aux impacts de balles et autres découvertes de charniers humains.

L'improbable beauté de la doctoresse dessert singulièrement le film et on ne peut qu'être surpris par le contraste entre le visage sale et fatigué de Willis et celui constamment retouché au maquillage de Bellucci, y compris après plusieurs heures passées dans la jungle. Tout ceci n'est guère crédible.

Proche du film de Ridley Scott, "La chute du faucon noir", dans sa volonté de mettre en scène des combats impressionnants, "Les larmes du soleil" s'attache quand même plus particulièrement aux personnages plutôt qu'à de spectaculaires explosions en tout genre.

Toutefois, l'arrière-plan politique manque cruellement de densité et prête même à sourire quand on connaît les actuelles difficultés des américains en Irak et leur refus réitéré de ne pas intervenir au Liberia, pays dont le climat de guerre civile sonne comme un écho triste et malencontreux à ce qui est dépeint dans "Les larmes du soleil".

Constamment au premier plan, visage carré et posture sobre, Bruce Willis porte le film sur ses épaules, essayant d'assurer le succès de l'entreprise. Pourtant, cela ne suffit pas et, rapidement, l'ennui doublé d'un sentiment de déjà-vu gagnent le spectateur.
Tous nos contenus sur "Les Larmes du Soleil" Toutes les critiques de "Christophe Dordain"

ça peut vous interesser

Cannon avec William Conrad

Rédaction

Cannon avec William Conrad : Guide des épisodes

Rédaction

Les Aventuriers des Salles Obscures : 05 Octobre 2019

Rédaction