12 juillet 2020
Critiques

Les Minions : Critique n° 1

Les véritables héros de la franchise "Moi, moche et méchant", pas de doute à avoir, c'était bien eux. Les minions sont de retour dans une préquelle qui leur est cette fois-ci totalement consacré. Seul, entre amis ou en famille, partons à la découverte de cette petite tribu à la jaunisse et leur désir loufoque de servitude.

Si nous avons découvert les irrésistibles minions au service de Gru, il n'en a pas toujours été ainsi. Depuis leur naissance précédent celle des hommes, des dinosaures aux personnalités historiques (Napoleon) ou Fantastiques (Dracula), les mignons n'ont eu de cesse de rechercher le maître idéal, représentatif du mal absolu. Courant vers la déprime en étant libres, un trio se détache pour partir à la rencontre de Scarlet (avec un seul L s'il-vous-plaît), plus grande criminelle que la planète Terre puisse porter. A leur tête Kévin, très légèrement plus malin que les autres, Stuart, intermédiaire de choc sans trait bien distinctif et enfin l'adorable petit Bob. Un trio qui devrait vous en rappeler de suite un autre, celui formé par les Pingouins de Madagascar qui ont eux-mêmes eut le droit à leur propre préquelle il y a quelques mois de cela. Une mécanique qui a fait ses preuves.

Vous l'aurez vite compris, le scénario n'est qu'un déplorable prétexte pour mettre en avant les nouvelles mascottes d'Universal. Tout est fait pour mettre leur potentiel « trognon » en avant. Si bien que les gags sont plutôt décevants. Goodies, jus de fruit, peluches, jouets des menus enfants de tout fastfood ou restaurant qui se respecte : les mignons ont envahis nos quotidiens ainsi que nos écrans, leurs publicités nos salles de cinés et même la célèbre mi-temps du Superbowl, c'est dire !

Alors oui, soumis nous sommes à admettre que ces minions porte plutôt bien leurs noms et que le personnage de Bob, archétype de ce que je nommerais « le cute relief » provoque un attendrissement général à chacune de ses apparitions et répliques. Mais le fond lui demeure terriblement creux. Contrairement à d'autres dessins animés du genre ("Vice Versa" sorti il y a peu de temps par exemple), il sera difficile pour toute personne de plus de douze ans d'y trouver à boire et à manger. Pas de double lecture ici, on aime les chutes (littéralement) et le langage absurde des minions ou on ne l'aime pas.

A noter tout de même une bande-son très pop/rock qui fera plaisir aux parents et autres accompagnateurs avec par exemple The Turtles ou The Kinks. Toujours dans la partie son, la version Française (testée et approuvée) profite des voix du couple phare du cinéma hexagonal formé par Marion Cotillard et Guillaume Canet. Les deux se lâchent et remplissent parfaitement le contrat. L'exagération habituelle de Marion Cotillard, qui peut habituellement lui être reproché, prend ici tout son sens. Bien que son ton manque quelque peu de nuances niveau cruauté. A ce jeu-là, Eva Green, certes moins bankable auprès des bambins, aurait pourtant été un choix plus minutieux. Et peut-être aussi parce que le personnage de Scarlet lui ressemble quelque peu physiquement, on ne va pas se le cacher. Guillaume Canet, lui-aussi, se fait plaisir et arrive à exacerber un ton arrogant qui colle parfaitement avec son personnage, qui lui est symétrique puisque lui-même en couple avec… Scarlet. Vous me suivez ?

Alors cet animé, on y fonce ou on y fonce pas ? Difficile de se prononcer de façon concise. Il serait absurde de le recommander à n'importe qui tête baissée tant le degré de bêtise est élevé. Si le film n'a rien d'iconique, force est de constater que son trio jaune l'est déjà. Alors, admirateurs et moins de douze ans, n'hésitez pas. Les autres, passez votre chemin, il y a bien d'autres meilleurs moyens de se relaxer. Ce film n'est qu'au fond rien d'autre qu'un énième goodies de plus.

Auteur :Mélissa Chevreuil
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