8 décembre 2019
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Les Sentiers de la Perdition : Une mise en scène de toute beauté !

Encore inconnu il y a quelques années, Sam Mendes, originaire du théâtre, s'est fait connaître sur la scène internationale pour "American Beauty", critique acerbe, ciselée et pleine d'humour de la société américaine et de ses travers.

Pour son deuxième film, "Les Sentiers De La Perdition", Sam Mendes choisit de changer complètement de registre en situant son histoire à l'époque de la Grande Dépression. Le pari est audacieux, autant que le choix de Tom Hanks pour interpréter le rôle principal, celui d'un tueur.

Si "American Beauty" possédait des côtés lumineux, ce n'est pas du tout le cas de ce nouveau film. Traité en teintes sombres et froides, les rares lumières que l'on trouve restent chiches et diffuses et éclairent à peine un cadre très travaillé.

Noir, "Les Sentiers De La Perdition" l'est aussi dans son sujet. A l'univers très codé des films de gangsters des années 30 se mêle l'histoire peu ordinaire d'hommes en lutte avec leurs fils. Plus encore que dans son précédent film, Sam Mendes réalise là un brillant exercice de style à la réalisation extrêmement travaillée.

Au-delà pourtant de l'indéniable qualité visuelle de l'ensemble, le cinéaste, grâce à ses deux acteurs principaux, donne une dimension supplémentaire à une histoire très courante (et très proche parfois des westerns spaghettis), celle de l'homme taciturne et implacable qui ne rêve que de vengeance.

Paul Newman, impeccable en patriarche paradant puis en vieux père fatigué ne se contente pas de se fondre dans le moule "Parrain de la mafia dans ses vieux jours", quant à Tom Hanks, méconnaissable, sa retenue et sa sobriété en font un tueur des plus crédibles. Reste pour lui à apprendre à devenir un père, ce qui lui prendra tout le film.

Mêlant à travers tout son film l'eau et la mort (depuis les glaçons de la veillée, à la neige, en passant par celle du lac), Mendes avec "Les Sentiers De La Perdition" signe au passage deux scènes magnifiques. De ces carnages silencieux ne ressort aucune complaisance face à une violence expéditive, et les dialogues, rares, ne surgissent que pour relier les personnages entre eux.

Malgré son schéma ultra classique, "Les Sentiers De La Perdition" reste un très bel exercice de style soutenu par une réalisation de toute beauté et porté par des acteurs efficaces. Chose rare dans le cinéma américain contemporain, le final s'avère réussi, ne cédant pas totalement à la facilité narrative du happy end.

Reste à espérer que ce sujet à la fois confiné (le monde des gangsters de l'époque) et très universel (les relations père-fils) trouvera son public

Auteur :Guillaume Branquart
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