13 décembre 2019
Critiques

Les Vétos : Sympathique mais dénué d’originalité

Par Jérémy Joly


Après avoir été scénariste pour la télévision sur les séries "Clem" et "Demain nous appartient", Julie Manoukian réalise son premier long-métrage au cinéma  : "Les Vétos". Un film sympathique sans grande originalité dont les comédiens représentent la seule force. 


Le spectateur se retrouve dans un village au cœur du Morvan. Nico est l'un des deux derniers vétérinaires du coin et se démène pour soigner les animaux. Michel, son associé et mentor, décide de partir. Nico est plus qu’inquiet car il pense ne pas pouvoir tenir la cadence... Mais Michel lui annonce avoir trouvé sa futur remplaçante en la personne d'Alexandra, sa nièce. Le problème c'est qu'Alexandra a été diplômée la veille et qu'elle déteste le contact humain. Elle ne compte pas revenir dans son village d'enfance...

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Noémie Schmidt - Copyright LES FILMS DU 24 – FRANCE 3 CINEMA - Roger DO MI...
Ce film met en évidence un problème de société brûlant d'actualité : les campagnes françaises manquent de médecins certes, mais également de vétos qui se révèlent également en voie de disparition. On nous dresse le portrait de Nico, interprété par le talentueux Clovis Cornillac, un vétérinaire qui s'investit entièrement dans son travail, à tel point que sa famille souffre de son absence. Il n'est pas rare que, lorsque sa journée est finie, son téléphone sonne pour une urgence ou qu'un patient vienne frapper à sa porte. Passionné par son métier, il ne compte pas ses heures. Son cabinet se retrouve parfois face à des difficultés financières car de temps en temps, il n'est pas rare qu'il accepte un café en guise de paiement. Le métier de véto n'est pas de tout repos.

"Le film souffre d'un manque d'originalité et le schéma narratif reste prévisible"
Face à lui, nous retrouvons Noémie Schmidt, qui avait joué face à Claude Brasseur dans "L’Étudiante et Monsieur Henri" d'Ivan Calbérac en 2015. Depuis cette première expérience au cinéma, l'actrice a gagné en maturité. Elle a une présence magnifique à l'écran. D'autant qu'elle s'est beaucoup investie dans ce rôle puisque tous les actes vétérinaires visibles à l'écran, même les plus délicats, ne seront pas assurés par une doublure. Ainsi, c'est bien Noémie Schmidt qui, à l'écran, met au monde un veau. C'est encore elle qui réalise une suture après  l'opération d'un animal.

Malheureusement, "Les Vétos" souffre d'un manque d'originalité et le schéma narratif reste prévisible. Alexandra est une femme de la ville, retournant dans le village de son enfance où elle aura du mal à s'adapter et à réussir à être acceptée par les habitants. Le gag où elle s’évanouit après sa première opération a un goût de déjà vu. Pour le plaisir, nous aurons droit à une répétition de ce gag. Ce film est en quelque sorte le mélange entre "Médecin de campagne" de Thomas Lilti (2016) et "Un village presque parfait" de Stéphane Meunier (2015), mais en version vétérinaire.
"Les Vétos" nous offre, tout de même, de belles images de cette belle mère nature, mais aussi le privilège de voir Michel Jonasz dans un petit rôle sympathique.

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