18 septembre 2019
Critiques

Les Visiteurs : La Révolution : Un petit vaudeville !

Vingt ans après, Jacquouille et Godefroy sont de retour sous la caméra de Jean-Marie Poiré pour "Les Visiteurs : La Révolution". Les deux premiers (Jean Reno et Christian Clavier) ont vieilli, ce sont devenus des stars bankable, quant au réalisateur, il s'est visiblement offert des talents de réalisateur (il était temps...) il filme les deux acolytes moyen-âgeux avec amour dans une non-comédie de reconstitution, assez difficile à définir, un peu flippante mais plutôt agréable à voir.

A la fin du second volet (pas si raté que ça) de 1997, Godefroy de Montmirail, et son écuyer Jacquouille la Fripouille, se retrouvaient coincés en pleine révolution, « arrestés » par la garde républicaine après avoir été pris pour des espions anglais. Point de départ de ce troisième volet, nos deux acolytes évitent de peu l'échafaud et retrouvent les descendants des Montmirail, noblesse en fin de piste, chassés par les sans-culottes et fuyant vers l'Autriche...

Surprise donc que ce scénario assez compliqué, mêlant une immense galerie de personnages secondaires (tous bons et plutôt sobres dans leur jeu), et des intrigues politiques et familiales. Et si on peut demeurer surpris de tant de travail de la part d'un ex-tâcheron comme Jean-Marie Poiré (réalisation, reconstitution, costumes, musiques, etc. Tout est impeccable), on se rend assez vite compte que c'est de ce côté que le film pêche. Parce que développer une telle histoire, avec un nombre infini de sous-intrigues, cela a du mal à tenir sur 1 heure 50. Ainsi, dans la deuxième moitié du film, on pourrait presque entendre les gars de chez Gaumont hurler : « bon allez, on abrège ? ».

Finalement, ce nouveau volet se cantonne en un petit vaudeville en huis-clos, dans un appartement réunissant Marat, Charlotte Robespierre et son mari Jacquouillet (descendant de... vous avez compris), ainsi qu'un couple de gardiens réunissant la pétillante Marie-Anne Chazel et  Pascal -dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom Nzonzi... Pour, au final, foutre de côté tout ce petit monde et se recentrer sur nos deux héros aux dents gâtées.

Ces deux-là justement, Poiré en fait quelque chose d'intéressant. Il les rend humains. Godefroy n'est plus si noble et son fidèle Jacquouille n'est plus si fidèle. Alors, il ne s'agit pas d'affubler les deux héros d'une psychologie de comptoir, mais il est assez troublant de voir un Jacquouille à ce point déçu d'avoir été trahi par son seigneur. Et c'est peut-être le meilleur traitement qu'on pouvait leur donner.

Par ailleurs, plutôt que de chercher à camoufler la prise d'âge des deux acteurs sexagénaires, le scénario leur invente une pirouette à la "Interstellar" où ces derniers, ayant passé trop de temps dans le futur, vieillissent de dix ans en une semaine... Les faire lutter contre un temps qui passe désespérément et qui joue, chaque seconde, un peu plus contre eux : riche idée.

Le film en devient une sorte de requiem un peu déprimant de deux personnages perdus dans la nuit des temps, laissant quelques souvenirs ici et là, à défaut de pouvoir retrouver le « chez eux » dont ils ne connaissent même plus la route. En témoigne un plan final terrible, d'un camion s'éloignant vers l'horizon, avec à son bord un Jacquouille hurlant ses « diiiiingue » et ses « okaaaay » pour l'éternité.
Auteur :Mickael Vrignaud
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