18 septembre 2019
Critiques

Les Visiteurs : La Révolution : Un terrible accident industriel !

Avec "Les Visiteurs : La Révolution", nous avons perdu tout espoir pour ce monde. Notre cœur est meurtri. On se demande même si l'on pourra être encore une fois simplement heureux.

Quand Jean Marie Poiré rentre dans le rang et arrête ses gros plans dégueulasses et son montage aux plans de moins de 3 secondes, quand un film au titre aussi évocateur que "Les Visiteurs 3" n'est même pas regardable en tant que plaisir coupable et honteux, c'est qu'on vit vraiment une triste époque...

Et pourtant, tout commence comme dans un rêve : montage épileptique, plans tout en contreplongées et filmés ras de fesses, musique des premiers volets, résumé tout en texte « à la Star Wars » complètement hilarant au 10ème degré, placement de produit excessif et racoleur, Jacquouille qui hurle et qui fait le premier full frontal d'explosion de furoncle du film, on se dit que la guerre, la famine, le lundi matin sont des atrocités de bas étage si l'on peut encore se délecter du spectacle dégradant d'un Clavier qui éructe sur 900 écrans de France.

Puis, passé le premier quart d'heure, le rythme se fait plus sage, ronflant, on quitte les Visiteurs pour nous présenter des aristocrates, et le film continue sa lancée d'une pauvreté affligeante. Rien à raconter, aucun gag ou scènes marquantes (ah si, y'a bien Robespierre qui fait caca, mais même là, rien pour sublimer le gag, à croire que Jean Marie « Jésus » Poiré devient complètement gâteux).

Clavier n'est là que pour tenter de récréer la magie, qu'il a définitivement perdue, à voir pour ça un fabuleux « Hourra c'est plus laïque » complètement abscons sensé remplacer le culte « Okaaaay », le nouveau casting fait ce qu'il peut mais n'a rien à défendre (et sera de toute façon complètement évacué par le script indigent), et Jean Reno est en soins palliatifs, incapable de sortir une réplique (ou simplement bouger) sans perdre son souffle.

On était venu pour se délecter du méta cinéma de Jean Marie Poiré, tout en atroces gesticulations, confondant rythme et épilepsie, comédie et bruit (Les Anges Gardiens, son vrai chef d'œuvre déviant). Sauf qu'on s'est retrouvé dans un spectacle de fin d'année d'une maison de retraite, où tout sent le rance ou l'urine.

Jean Marie est fatigué et a certainement dû laisser son film a sa deuxième équipe, Clavier s'embourbe dans son idéologie crasse (on a rarement vu un film sur la Révolution qui mettait autant à l'honneur la bourgeoisie, et décrivant les Révolutionnaires comme des fous dangereux), Jean Reno a abandonné.

Le film finit là où il aurait dû commencer, dans une nouvelle fin ouverte qui annonce clairement la couleur (le rôle que s'est octroyé Clavier est à voir pour le croire), en reprenant les répliques cultes du premier volet, comme si tout ça faisait partie d'un passé lointain de la comédie française, et que toute velléité d'y mettre un soupçon de modernité serait vouée à l'échec.

A l'instar des "Bronzés 3" ou des "Trois Frères, Le Retour", "Les Visiteurs : La Révolution" est un accident industriel qui n'aurait jamais du exister, moche, ringard, mal branlé, et surtout d'une pauvreté crasse. Encore une fois, la salle, quasi pleine, même remplie d'enfants, était bien silencieuse.

Et le cinéphile déviant va devoir enterrer le dernier Mogul du nanar à la française. Qui pour reprendre le flambeau de JMP ?

Auteur :David Marmignon
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