6 décembre 2021
Critiques

L’Homme de la cave : Méfiez-vous de vos voisins

Par Alexia Graziani

Après "Normandie nue" ou encore "Les femmes du 6ème étage", Philippe Le Guay revient dans un tout autre registre. Bien loin de sa zone de confort. Inspiré de l’expérience d’amis, "L’homme de la cave" nous plonge dans un thriller psychologique, aussi palpitant que nécessaire.

À Paris, Simon (Jérémie Renier) et Hélène (Bérénice Béjo) décident de vendre une cave dans l’immeuble où ils habitent. Fonzic (François Cluzet), homme au passé trouble, l’achète. Il s’y installe sans prévenir. Peu à peu, sa présence va bouleverser la vie du couple. Sur le papier, rien de bien exceptionnel. Au fond, le personnage du parasite toxique se retrouve fréquemment au cœur des thrillers.

Le Guay va puiser son originalité dans des sujets épineux, mais pour le moins d’actualité : le négationnisme et le complotisme. « J’ai mis des années à me sentir à l’aise pour aborder ce thème que je n’avais jamais vu traité au cinéma, déclare Philippe Le Guay. La tendance actuelle au complotisme m’a encouragé à me lancer. » Rapidement, ce qui ne devait être qu’un combat immobilier se transforme en lutte contre l’idéologie révisionniste.

critique-homme-de-la-cave1
Jérémie Renier et Bérénice Bejo - Copyright Caroline Bottaro

Tout le long, "L’homme de la cave" nous glace le sang. Les longs plans, dans une cave sombre et sinistre, dans l’attente d’un potentiel screamer ; la musique digne d’un excellent film d’horreur, etc. Philippe Le Guay met tout en œuvre pour nous transporter dans une ambiance angoissante. Cette dernière vous tiendra en haleine ! Cela fonctionne à plein !

Servi par un casting bien ficelé, "L’homme de la cave" est un thriller qui a l’habileté de ne pas tomber dans la caricature pure et simple. Pour Le Guay : « il ne fallait pas que le spectateur se trouve face à un croquemitaine. Les négationnistes sont pernicieux pour distiller leur idéologie antisémite, ce qui les rend encore plus dangereux. »

Il faut notamment noter la prestation plus que magistrale de François Cluzet, qui joue à merveille de cette ambiguïté : oscillant entre le bon samaritain victimisé pour ces idées et l’antisémite pervers et dangereux. "L’homme de la cave" fait d’autant plus peur qu’il s’agit d’un être humain, d’un « monsieur tout le monde » aux idées nauséabondes. Et non d’un monstre...

ça peut vous interesser

La Méthode Williams : Trop douce ?

Christophe Dordain

Barbaque : La saison de la chasse est ouverte

Rédaction

Flag Day : Drapeau en berne

Rédaction