Critiques

Logan : La fin d’une époque

A tous les fans de "X-Men" et plus particulièrement de "Wolverine" et de son interprète emblématique Hugh Jackman, nous sommes à l'heure où sonne le glas. On sent dès les premières minutes que ce sera le dernier rodéo de notre immortel favori, de la bête fauve en adamantium. La photographie très singulière de "Logan" lui confère une aura très différente de ses prédécesseurs de la franchise et que ce soit l'image très saturée ou les décors à la fois beaux et hostiles, tout est imprégné de fatalité. L'intrigue post-apocalyptique ne fait qu'ajouter à la tristesse de cette fin de règne pour les mutants, sans jamais relancer d'espoir pour la génération future.

Que ce soit l'intrigue, la réalisation ou la musique, tout véhicule quelque chose de violent, d'organique et de viscéral, comme si on voulait nous faire assister à la tombée en ruines d'un univers visuel qu'on a tant aimé. Le film ne se gêne d'ailleurs pas pour faire référence à cet univers en nous apprenant que tout ce qu'on a connu est mort et que "la statue de la liberté, c'était il y a très longtemps". "Logan" ne ressemble effectivement en rien au reste de la saga Marvel et il est d'ailleurs bien plus sombre, plus trash et plus bestial ce qui renforce cette sensation d'urgence, cette impression que le temps est compté. Que chaque combat sera peut-être le dernier.

Visuellement on a la chance d'assister à des scènes d'actions plus exaltantes et plus grisantes que tout ce qu'on a vu jusqu'ici. La nouveauté de cette réalisation de James Mangold, c'est de traiter le personnage de Wolverine avec intériorité. On connaissait déjà le guerrier qui ne trouve jamais le repos, on découvre ici le mourant qui cherche un échappatoire avec son vieil ami et mentor Charles Xavier, mais aussi sa dimension humaine et protectrice, voire authentiquement sacrificielle (car sans régénération possible). C'est d'ailleurs ici que j'accorderais une mention spécialement aux maquillages très réussis qui nous font bien sentir la putréfaction et la force vitale du personnage qui s'amenuise de minute en minute.

Ce film semble clôturer quelque chose qu'on ne saurait définir clairement, mais ce qui est sûr c'est qu'il le fait avec ce qui manquait à la saga et au personnage jusqu'ici: de la poésie. Logan est en train de mourir des effets de l'adamantium sur son corps vieillissant, son ultime mission consiste à veiller à la survie de sa fille biologique qui détient également son pouvoir et son antagoniste principal sur le plan physique est une réplique de lui-même, plus jeune et plus animale car sans conscience, un parfait reflet de la dévastation dont il était capable. C'est en fin de compte sa fille qui triomphe de son ennemi grâce à une balle en adamantium. Niveau symbolisme ça se pose là et c'est justement ce dont nous avions besoin pour pouvoir faire nos adieux au personnage sereinement.

J'ignore ce qu'il adviendra des aventures X-men mais le plan final est d'une telle tranquillité... D'un immobilisme majestueux qui donne envie de dire au revoir à cet univers pour quelque temps, marquer le coup et faire le deuil de cette époque avant de laisser quoi que ce soit reprendre le flambeau d'un personnage et d'une histoire devenus iconiques en l'espace de 17 ans.
Auteur :Chris Carlin
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