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Lucky Luke : Un film soigné, fin et intelligent.

Pour sa troisième adaptation sur grand écran, le plus français des cow-boys solitaires de l'Ouest américain s'offre un casting trois étoiles et des décors à couper le souffle. Le tout assaisonné d'un humour fin et décalé. On aime !

Prégénérique : l'Ouest américain, le désert, une cabane, des bandits qui arrivent au galop. Ce n'est jamais une bonne nouvelle pour les familles de paysans du coin. La famille Luke va le vérifier. Le jeune John sera, miraculeusement, le seul à échapper aux balles du gang des tricheurs, gagnant par la même occasion son surnom : Lucky Luke (Luke le chanceux).

Générique. Devant la caméra, se dévoile un personnage, chemise jaune improbable, pantalon en toile denim, gilet en cuir et santiags à éperons. Et, bien sûr, il tire plus vite que son ombre.

Tout est dit en quelques images. La figure légendaire du « poor lonesome cow-boy » est posée. Ce que le réalisateur, James Huth, veut en faire, esquissé. Pas question de se borner au cartoon : ce qui l'intéresse, ce sont les failles qui se cachent sous la mèche du redresseur de torts, ses ressorts, ses défauts.

D'où une histoire qui plonge « l'homme qui n'a jamais tué personne » au coeur de sa ville natale, Daisy Town. Sa mission ? Nettoyer la ville des malfrats, emmenés par Pat Poker, pour que le chemin de fer puisse relier l'Est à l'Ouest des États-Unis et faire entrer le pays dans une ère nouvelle. Au programme, quelques rencontres avec des petites frappes mais aussi avec des pointures, de Billy the Kid à Jesse James, en passant par Calamity Jane.

James Huth a vite posé les bases de son histoire et de ses envies. Après tout, comme il le dit lui-même, on parle là d'un héros américain et de légendes de l'Ouest qui, tous, parlent français sans que cela ne gène personne. Facile d'en déduire qu'on peut tout faire de Lucky Luke... Mais Lucky Luke, c'est aussi un personnage culte, créé par Goscinny et Morris, qui a ses aficionados, des fans qui crient au sacrilège très très vite. Facile, du coup, d'en déduire qu'on ne peut pas faire tout ce qu'on veut de Lucky Luke...

Entre ces deux extrêmes, James Huth a trouvé un équilibre presque parfait. Il s'appuie pour cela sur un casting impeccable. Certes, Jean Dujardin est un Lucky Luke impressionnant. Dans le rôle du grand dadais maladroit mais rapide à dégainer, il est parfaitement crédible et relève le défi avec brio.

Décidément, on aime, on adore. Mais il ne pourrait tenir le film sans des seconds rôles à couper le souffle, de Sylvie Testud à Melvil Poupaud en passant par les étonnants Michaël Youn et Daniel Prévost. Ça fait longtemps que le cinéma français n'avait pas soigné ses « petits » rôles comme ça. Ça fait longtemps qu'on n'avait pas aimé un casting sans aucune réserve !

Certes, on ne tient pas là le film du siècle, et certains seront sûrement peu réceptifs à l'humour référencé et très décalé de James Huth. Mais si on peut ne pas aimer ce qu'il est de bon ton d'appeler « l'esprit Canal », on n'en trouvera pas moins un film soigné, fin et intelligent, servi par un grand casting. Un bon divertissement pour le moins, une bonne comédie, des premières images au « bout du bout » du générique de fin... Et, là encore, c'est assez rare pour être noté !
Auteur :Fadette Drouard
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