21 juillet 2019
Critiques

Lucy avec Scarlett Johansson : La critique

« L'homme n'utilise que 10% de son cerveau ». Vous avez probablement déjà entendu cette affirmation, elle a fait couler beaucoup d'encre, elle est à la base de nombreux personnages de science-fiction et autres comics. C'est également ce mythe, aujourd'hui totalement réfuté, que choisit d'explorer Luc Besson pour son nouveau film : "Lucy"

Scarlett Johansson, alias Lucy, obtient, suite à l'absorption massive d'une nouvelle drogue de synthèse, la capacité d'utiliser progressivement jusqu'à 100% de son cerveau. On assiste ainsi à la naissance d'un surhomme, une femme aussi dangereuse que sexy. Au programme donc, des super-pouvoirs, des fusillades, des carambolages, mais aussi toute une réflexion métaphysique et philosophique sur l'origine et le but de la vie.

Et si l'on se réjouit de re-découvrir le Besson du "5ème Elément" et son inspiration pour les scènes musclées, côté scientifique on ne peut s'empêcher de pousser force soupirs navrés. Les scènes d'actions sont bonnes : une course-poursuite dans Paris, une fusillade sur fond de Requiem, et même quelques scènes assez audacieuse, une comparaison intéressante en flash d'une scène de rapt entre la belle Scarlett et une bande de gros bras, avec une scène de chasse à la gazelle par une meute de guépards.

On note aussi cette image de départ troublante : Lucy, l'australopithèque cette fois, en train de s'abreuver au bord d'un cours d'eau. On ne peut s'empêcher de penser à "2001 : Odyssée de l'Espace". Toutefois, le tout est malheureusement ponctué d'un tissu d'énormités prétendument scientifiques, saupoudrées de réflexions pseudo-philosophiques d'un autre âge, que nous débite, avec sa crédibilité habituelle, Morgan Freeman, dans un second rôle de scientifique auquel il semble désormais abonné.

Pire encore, on tente de tirer de cette bouillie intellectuelle un discours moralisateur sur la prétendue utilité de la vie. Le tout s'enchaîne bien trop rapidement, dans un fouillis qui ajoute au scepticisme la confusion. On ressort finalement avec une impression générale de travail bâclée, plus marketing qu'artistique.

Auteur :Florian Carpentier

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