21 novembre 2019
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Ma place au soleil : Chorale désaccordée

Très à la mode, le film choral est un genre à prendre avec des pincettes, qui nécessite de la maîtrise, de la finesse, et une certaine unité. Visiblement, Éric de Montalier ne possède rien de tout ça : non content d'être le moins bon de tous les acteurs du film (et il y en a des mauvais), il livre avec "Ma place au soleil" ce qui se fait de pire dans le genre.

Pas grand chose à dire, rien à raconter : avec sa caméra faussement aérienne, Éric de Montalier entend sans doute montrer que les salauds sont toujours pourris et que chacun a droit à sa place au soleil (d'où le titre, forcément).

On a rarement fait démonstration plus schématique : tous les hommes sont des porcs sans cervelle, toutes les femmes des victimes. Ce n'est flatteur ni pour les uns ni pour les autres.

Vaguement reliés entre eux, les différents segments du film n'ont aucune personnalité : Montalier part d'un fond de réalisme téléfilmique à la petite semaine et y incorpore au petit bonheur des bribes d'onirisme, de burlesque et de tragique (avec même un type qui joue la Mort) sans aucun souci de cohérence.

On tient là le nouveau Claude Lelouch, cinéaste particulièrement doué dans l'art de redécouvrir à chaque seconde que la vie est belle, surprenante, bourrée de hasards, et qu'elle "ne vaut d'être vécue sans amour" (c'est l'affiche qui le dit).

Il s'émerveille de la naissance contrariée d'un amour, des bienfaits du tango et du squash, puis se fâche contre les connards (il préfère les losers sans saveur), les méchants et les profiteurs. Le genre de leçon de vie mille fois vue et revue, traitée sans un pouce d'originalité.

On se demande bien comment le réalisateur novice et pas doué a pu réussir à réunir un casting aussi foisonnant. Mais côté direction d'acteurs, c'est là aussi la débandade : à vrai dire, seuls trois d'entre eux sont bons (et même très bons), j'ai nommé Gilles Lellouche, François Cluzet et Élodie Bouchez. Les autres sont d'une platitude absolue.

Et c'est toujours triste de voir des acteurs aussi rares que Nicole Garcia ou Jacques Dutronc gâcher leur talent dans des productions aussi ineptes que celle-ci.

Auteur :Thomas Messias
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