20 janvier 2022
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Ma vie en l’air : Les ailes du désir

Nostalgie, quand tu nous tiens. Il en sera d'ailleurs question tout au long du film "Ma vie en l'air", via de chaleureux flashbacks dans la jeunesse de Yann, assez « Amélie Poulain » dans l'approche visuelle et musicale (mélodies légères). Actes manqués, non-dits et cette peur de l'avion qui le cloue au sol et l'empêche de se projeter plus loin qu'un cumul de flirts avec ses charmantes voisines d'immeuble, Yann souffre de ne pas pouvoir contrôler sa vie aussi bien que le simulateur de vol de son lieu de travail. Une comédie romantique de plus au palmarès du cinéma français, et fort heureusement celle-ci sort des sentiers battus non par son approche du mythe de « la crise de la trentaine » mais dans la description de son mode de vie et de son entourage plus que ses états d'âme.

Dans "Ma vie en l'air", de Rémi Bezançon, le désarroi se lit sur les visages, les rires arrivent à point nommé (mais point trop n'en faut), la lucidité revient au cours de dîners intimes ou en piètre compagnie, et les amitiés vont et viennent : il n'y aura pas de grandes discussions sur le sens de la vie, les projets d'avenir, juste des évènements, des « alertes » qui font réagir. La vie pépère fait peur, et on tente de garder une part d'enfance avec des bandes-dessinées de super-héros. Difficile de voir la comédie dans tout cela sans s'imaginer quiproquos et comique de situation. Et pourtant, l'angle adopté permet de passer outre les poncifs du genre : quelques situations cocasses et cependant terre-à-terre (on sent les anecdotes vécues dans certaines scènes!), des personnages secondaires notables, comme le fameux « économiseur de mots » et surtout le fameux Ludo (Gilles Lellouche, que l'on espère voir plus souvent).

Sarcasmes et ironie au programme, mais avant tout des idées pour lancer le spectateur hésitant face à des choix de vie dans l'introspection, de façon totalement positiviste. Plutôt agréable de se voir ainsi diverti, surtout lorsque le metteur en scène varie les plaisirs en filmant au bon vouloir façon « sitcom » (à la « friends »), ou en travellings plus élaborés. Il n'oublie pas une bonne dose de suspens pour peu que l'on se soit pris au jeu des tribulations amoureuses du personnage de Vincent Elbaz, enfin reconnu dans un rôle titre. Restent, trop en retrait, Marion Cotillard et Elsa Kikoïne, les Muses qui à elles deux offrent une bien jolie tranche de vie.

Amateurs de Boeing, Airbus ou non, plutôt que de surfer sur « vaisjemecrasher.com » comme le fait notre héros pour se rassurer, voyez donc "Ma vie en l'air" pour vous convaincre que, réellement, l'amour donne des ailes…

Auteur :Julien LeconteTous nos contenus sur "Ma vie en l'air" Toutes les critiques de "Julien Leconte"

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