24 juillet 2019
Archives Critiques

Mad Max : De bruit et de fureur !

Dans le film "Mad Max", Max Rockatansky est le meilleur "intercepteur" de la sécurité routière. Lorsque "l'aigle de la route", un chauffard surexcité sème le désordre sur les routes, Max est appelé à la rescousse pour le stopper.

Après cet exploit, lui et son ami Jim Goose (surnommé le "gorille"), interviennent sur une agression commise par l'un des motards appartenant à la bande du "chirurgien". Mais ce dernier est relâché, faute de témoins. Goose est alors victime d'un sabotage et gravement brûlé.

Max songeant à démissionner, prend quelques jours de congés avec sa petite famille. Les motards reviennent à la charge et massacrent sa femme et son fils. Dés lors, Max ne vivra plus que pour sa vengeance.

L'un des premiers plans nous montre un panneau de signalisation indiquant le nombre de tués sur la route. Le propos est clair : Miller veut dénoncer le culte de la vitesse et le comportement sauvage voire violent de certains conducteurs au volant. Qu'elle soit à deux ou à quatre roues, la mort rôde en permanence sur l'asphalte.

D'ailleurs, le ton est donné dés le départ : le montage est rapide, le bruit des moteurs est assourdissant et les carambolages se succèdent à une cadence infernale. "Mad Max" se montre aussi subtil sur le plan de la mise en scène où le cinéaste privilégie la suggestion (aucun mort ou blessé n'est clairement exposé face à la caméra) en laissant travailler l'imagination du spectateur ce qui a pour effet de renforcer l'impact de son message.

Dans ce monde où le chaos commence sa triste besogne sur le bitume, l'humanité court à sa perte tant la sauvagerie ambiante est persistante. La justice perd ses droits donnant du fil à retordre à une police débordée par l'hystérie collective.

Quant à notre jeune flic de la brigade motorisée, c'est au moment où il veut prendre du recul qu'il est entraîné malgré lui dans l'engrenage de la violence. Dans un rugissement de moteur, il perd tout ce qu'il a de plus chère. Le désespoir cède à la haine, les notions de bien et de mal s'envolent. Il se déshumanise et rejoint ceux qu'il traquent dans leur folie meurtrière.

D'une étonnante sobriété, Mel Gibson se révèle très convaincant même si il a très peu de dialogues. Comme le jeune acteur intériorise beaucoup, il lui suffit d'un simple regard pour faire passer une émotion.

Le film se termine sur une ligne droite d'autoroute symbolisant la dérive de Max qui telle est la destinée du monde est empreinte de fatalité. "Mad Max" est une oeuvre résolument pessimiste presque visionnaire sur la société de demain.

Réalisé en 1978, le tournage s'est déroulé dans les paysages australiens. Le scénario est signé George Miller et James Mc Causland.

En France, le film fit l'objet d'une interdiction en raison de sa violence pendant un an puis fut distribué avec six minutes de moins. Il acquit une renommée internationale et accéda au statut de film culte.

Par la suite, le personnage sera plagié dans de nombreuses productions de seconde zone. Il obtiendra le prix spécial du jury au festival d'Avoriaz en 1980 et le grand prix du festival de Paris du film fantastique en 1981. 

Auteur : Fabien Rousseau

(Publiée avec l'aimable autorisation de la rédaction des Héros de l'Ecran)

Tous nos contenus sur "Mad Max" Toutes les critiques de "Fabien Rousseau"

ça peut vous interesser

Pour les soldats tombés : Action Jackson

Rédaction

La Mule de Clint Eastwood en Bluray

Rédaction

Détective Pikachu : La critique du film

Rédaction