22 janvier 2022
Critiques

Magic In The Moonlight : Enchanteur

Chaque année, Woody Allen, 79 ans au compteur pour rappel, nous revient avec un nouveau film et tel est encore le cas avec "Magic In The Moonlight". Certains lui reprochent du coup de faire beaucoup de films fainéants, vu le rythme qu'il s'impose, avec parfois néanmoins quelques pépites. Le dernier en date, "Blue Jasmine", faisait partie de ces petits joyaux, il a d'ailleurs été multi-primé (et surtout Cate Blanchett, hallucinante, qui a raflé à peu près tout ce qui existe comme prix dans la catégorie 'meilleure rôle féminin').

Il faut reconnaître, il est vrai, que Woody Allen a connu un petit coup de mou à la fin des années 90 début des années 2000. Cependant, sa production des dix dernières années reste plus que satisfaisantes (notamment ses films plus sombres comme "Match Point" ou "Vicky Cristina Barcelona"). Avec "Magic In The Moonlight", Woody Allen nous emmène dans la France des années folles, comme il l'avait déjà fait pour "Minuit à Paris"...

Encore une fois on pourrait reprocher pas mal de choses à ce film (scénario léger, trop volubile, pas original, réalisation paresseuse, etc.), il n'en demeure pas moins qu'un mot s'impose en le voyant : rafraîchissant. Car, oui, ça fait du bien en ce moment d'avoir un peu de magie dans l'air, dans un film (en particulier quand il s'agit de la magie de l'amour) !

Surtout qu'on adore voir l'arrogant et austère Stanley se métamorphoser en homme joyeux qui redécouvre le sens de la vie et des plaisirs aux contacts de Sophie (est ce vraiment les dons de la demoiselle qui déclenchent cette renaissance, comme Stanley aime à le croire ou bien plus simplement la jeune et jolie médium ?), tout comme on adore son langage parfois rustre et surtout trop franc (l'homme reste rationnel et il ne met aucun filtre entre sa pensée et ses dires : cela fait beaucoup rire). D'ailleurs, les dialogues sont si savoureux qu'ils font penser à Shakespeare ("Beaucoup de Bruit Pour Rien", "La Mégère Apprivoisée") et surtout à Marivaux (pour le badinage amoureux) : les fans de marivaudage ne pourront qu'être comblés.

En somme, un Woody Allen qui, sans être le meilleur du réalisateur, réussit sa mission de nous enchanter. Il nous rappelle au passage que la Screwball Comedy de l'Age d'Or Hollywoodien ("New York Miami", "L'Impossible Monsieur Bébé", "Cette Sacrée Vérité"...) est un genre qui nous manque vraiment beaucoup.

Auteure :Karine Lebreton

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