31 octobre 2020
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Magnolia : La critique

À travers l'histoire de neuf personnages principaux aux destins tragiques entre-croisés, "Magnolia" est une parabole sur les êtres humains, les liens, le passé, les douleurs et les coïncidences.

Earl Partridge, magnat de la presse, âgé et malade, va bientôt mourir. Il demande à son infirmier Phil Parma de retrouver le fils, Frank T. J. Mackey, qu'il a jadis abandonné. Celui-ci réalise des séminaires destinés aux hommes, pour les aider à séduire. Il est en pleine interview pour la télévision, face à une journaliste bien documentée qui va lui faire perdre de sa superbe au fil de ses questions personnelles. Pendant ce temps, Jim Kurring, un policier, rencontre Claudia Wilson Gator, la fille toxicomane de Jimmy Gator, le présentateur vedette d'un jeu télévisé produit par la société de Earl Partridge. Dans ce jeu où des enfants affrontent des adultes sur des questions de culture générale on retrouve le jeune Stanley Spector, exploité par son père qui ne souhaite la victoire de son fils que pour empocher le gain du jeu. On suit également Donnie Smith, ancien vainqueur du jeu qui, trente ans plus tard, essaye de séduire la personne qu'il aime par tous les moyens possibles.

La construction narrative de "Magnolia" fait indéniablement penser à celle de "Short Cuts" de Robert Altman. En effet, nous suivons plusieurs destins individuels qui finissent par se rejoindre, se croiser à un moment du récit. Chaque personnage ayant finalement une influence sur la vie des autres. Ce mode de narration, très à la mode dans le jeune cinéma indépendant américain actuellement, permet à Paul Thomas Anderson de nous peindre une longue galerie de personnages qui ont tous raté quelque chose dans leurs vies respectives et sont donc rongés par les doutes.

Si l'interprétation est excellente (Tom Cruise et Julianne Moore notamment), et même si Anderson s'autorise des audaces visuelles et des délires techniques innovants, on peut toutefois regretter la longueur quelque peu conséquente du film (près de trois heures) et une bande-son plutôt douteuse. Il est vrai que l'auteur de ces lignes n'est pas un fanatique de la musique des années 1980, loin s'en faut. Nonobstant ses défauts, "Magnolia" confronte le spectateur à sa propre existence et, à l'instar d'un miroir renvoyant une image peu flatteuse, nous force à affronter nos propres remords. "Magnolia" est un film à regarder sans le moindre des regrets...

Auteur :Sébastien Denizart
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